Dans le commerce des cœurs, rien
ne garantit la permanence
L’espoir
est une semence, une promesse
Je
l’enserre dans mes bras ainsi le gouvernail d’un radeau
C’est
mon seul viatique pour affronter les abysses du destin.
Ha !
L’amour, ce grand trophée que pourchasse tant de chasseur !
L’amour,
creuset du bonheur, l’amour ce nectar rare,
Cet
élixir que nul empereur ne peut de force conquérir,
Tantôt
je crois le tenir, tantôt je m’en sens dépouillé !
Mon
cœur se tient quelque part entre le marteau et l’enclume.
Quel
malheur qu’une plaie ouverte sans liniment !
O
je voudrais crucifier le tourment de cette passion jalouse
Fixer
des clous de titane aux quatre points cardinaux
Consolider
le frêle édifice de mon bonheur incertain.
Mais
rien n’est plus assuré que l’effritement prochain
Et
la sagesse c’est d’accepter que les sentiments du cœur
Fondent
sous les vents tout comme les dunes du désert
Rien
ne tient devant l’impassible rouleau du temps
Tout
implose dans un big-bang récursif et se disperse
L’éternité
est le bourreau de la vanité et de l’histoire
Les
traditions prétentieuses ne sont qu’illusion
Tout
ou tard, le règne de la poussière
Sonne
le tocsin de la grande dispersion.
Seule
l’impermanence est permanente
Et
quant à l'amour, c'est un bouillonnant
Et
émouvant chaos :
On aime parce
qu'un cœur, dût-il s'anéantir
Ne sait rien
faire de mieux qu'aimer.

Yves
Untel Pastel
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