Je vous ai vu un jour sous cette pluie tiède
Marcher le long du fleuve qui sortait de son lit
Les eaux léchaient les bords, mouillaient vos pieds
Et semblaient s’accrocher à vos chevilles menues
Le soleil luisait, transperçant les nuages
Embellissait l’alentour de ses lueurs joyeuses.
Vous étiez prise dans un faisceau oblique
L’ombre tout autour et vous, illuminée
Le vent froissait votre robe et vos cheveux clairs
Déposait sur votre front des feuilles perdues.
Vous étiez émouvante entre l’ombre et la lumière
Votre robe de soi rouge épousait votre corps
Les dernières gouttes de pluie cristaux éparpillés
Glissaient des feuilles lisses et vous mouillaient encore;
Portée par la brise moite vous alliez mollement
Curieuse silhouette au milieu des éléments.
Craignant que pressée vous ne vous envoliez
Papillon éphémère derrière les bougainvilliers
J’ai descendu les marches qui menaient à la berge
Pour vous voir de plus près, découvrir vos traits.
Vous avez retenu vos pas et moi mon souffle
Vous m’avez regardez comme si vous m’attendiez
Vous avez arrangé vos cheveux en désordre
Et j’ai vu vos yeux noisette et vos rides légères.
Il faut parfois la pluie, le vent et le soleil
Pour peindre l’instant où votre vie bascule.
Nous marchons souvent encore aujourd’hui,
longeant ce même fleuve
Puisque depuis je vous dis « tu »,
vieillissant près de vous.
Yves Untel Pastel
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