vendredi 29 avril 2011

La clé dans la mare !






La clé dans la mare.




J’ai un ronflement sourd à la poitrine, un bruit de moteur qui tousse et crache.

Mon cœur accidenté a le souffle court, j’ai couru les rallyes fous des interdits

Roulé sans permis sur les routes défendues, j’ai pris des pistes crevassées d’ornières

Cueilli des amours spontanées et éphémères, je n’ai pas eu peur de m’arrêter de nuit.

Sur les périlleuses bandes d’arrêt d’urgence, Pour prendre en auto-stop des passagères las

Rassasiées d’aventures et d’illusions perdues

Au volant de l’errance défiant l’inconnue, je croise dans le carrefour du hasard

Ces flamands rose bonbon parfumés, campés sur leurs échasses en bas de soi

Pudiquement je les reçois dans mon intimité, et leur offre sans serment ma maigre tendresse

Qu’est-ce en définitive aimer que de vouloir du bien à ceux que le hasard livre à votre humanité ? En amour il y a autant d’appétit d’être soi-même chéri que de désir généreux de donner de son affection ! À combler de mansuétude les lacs de solitude on se sent un peu moins seul et on ose rêver que l’errance cesse et que l’amour surgisse et reste !

J’ai un ronflement sourd à la poitrine, un bruit de moteur qui tousse et crache.

Mais malgré les ennuis des grands chemins, globe-trotter amoureux je n’ai pas renoncé

À trouver quelque part une aire de pur repos. Du voyage épuisant je ferai une escale, où peut-être poserai-je réellement mes valises et ferais-je racines et pourquoi pas des fleurs pour le bonheur d’une jardinière qui aimera mes roses et supportera mes épines. Près d’elle j’abandonnerais ma vieille guimbarde et je jetterais la clé dans une mare parmi les nénuphars. À deux, je crois qu’il est moins triste de contempler au crépuscule la parade tranquille des cygnes.

J’ai toujours un ronflement à la poitrine, mais il est aujourd’hui plus doux

C’est celui d’un chat un peu sauvage qui se laisse apprivoisé

Je n’ai plus l’obsession de la route et la poursuite de la liberté

J’établis moi-même le procès-verbal du gardien de la paix,

Mon cœur peut encore tourner au régime doux,

Après des kilomètres au compteur je trouve le bon rythme

Celui de la barque qui dodeline mollement au bord du lac

Où plus personne n’éprouve le besoin de prendre le large.

L’amour s’est installé sur le nénuphar auprès de la grenouille


Repos.


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