samedi 30 avril 2011

Frisson

Jardinier du bonheur


Je t'aime ma terre tendre
Un frisson en cascade remonte des profondeurs
Ta rose s'épanouit, tu te cabres, gémis, t’effondres
La terre un instant tremble
Maintenant tout est calme
Tu t'apaises
Et t’endors.




Poèmes d'avril,
Yves UNTEL PASTEL

Amour follet


Alors que la nuit revêtait les parures de l’aube naissant
Contre moi je l’ai prise et serrée amoureusement
Je l’ai vu s’épanouir de tendresse puis s’évanouir

Avais-je aussi de bonheur perdu pieds ?
Quand alors j’ouvris les yeux
Elle s’était évaporée, sans bruit, envolée !

Dans ma poitrine flotte encore une brume chaude
Dans l’air, suspendu, un parfum d’ailleurs
Je n’ai point rêvé, je sais !

Une étoile vive danse au firmament !
Mon amour follet, quand donc me reviendras-tu ?


Poèmes d'avril,
Yves UNTEL PASTEL

vendredi 29 avril 2011

Regards croisés (A toi l’étrangère!)


À toi l’étrangère rejetée par la mer
J’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.


J’ouvre mon cœur
Ainsi qu’une pastèque gorgée de suc et d’eau
Là est le désert et ses mirages follets
Le vent court fou et les dunes tourbillonnent
Voilà ton cœur en détresse mêlé au sable brûlant.


Ici est le désert
Et le désert est mon pays
Tout se mêle, tout s’enlace
L’eau et le sable
La lumière et l’ombre
Le doute et l’audace
La vie et la mort


À toi l’étrangère rejetée par la mer
j’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.


Au cœur de la ville
Désert de solitude
Prends mon cœur dans le tien
Bois mon suc et mon eau
Je prendrai le tien
Ton suc et ton eau.


Nous serons emmêlés,


Pleins d’un amour brûlant
Ma plaie sera guérie

Par cet amour neuf
Et ton cœur apaisé
En croisant mon regard.




J’ai rêvé de toi mille fois


Par des nuits moites peuplées de promesse


Depuis ce premier regard ému


Épris de passion éperdue


Saoul de toi,


Jour et nuit, tu me hantes


Impatient et misérable


J’espère ton retour




Reviens Néfertiti de mes songes,


Oiseau feu de mon paradis


Reviens déesse de mon île


Lune de mes nuits solitaires


Reviens avant que t’attendre


Ne me rende fou !





Poème d'avril,

Yves UNTEL PASTEL



Un raisonnable refus !





À toi l’étranger qui me tends un cœur palpitant et fiévreux

Je viens d’un pays où le vent réduit tout en sable fragile

Une terre où l’éphémère est le costume de tous les rêves

Rares sont les rochers qui subsistent à l’intraitable érosion


Toute parole est fruit chargé d’un nectar de chimère

Et ce n’est qu’à la bouche qu’on goûte le miel ou le fiel.

Toute promesse est un matin drapé de soleil éclatant

Même l’ombre embusqué des bosquets s’offre à la lumière


Mais après les grandes féeries des heures éblouissantes

Vient l’éclatant crépuscule mêlé de crainte et de tristesse

La nuit offre ses échancrures à l’incendie du soleil couchant

En même temps que la folie ardente des fiancées angoissées


Mes yeux éblouis sont brûlés par la lave des larmes

Et j’ai depuis longtemps perdu le voile de l’innocence

La raison ressasse en moi des édits de clairvoyance.
Que m’offrira la passion si elle ne m’offre la paix ?








Poèmes d'avril,
Yves UNTEL PASTEL.


Tout, un point c’est tout.



Tout, un point c’est tout.
Tout, un point c’est tout.
Aimer ce n’est jamais
Qu’un peu de soi qu’on donne.
Et même si c’est presque tout,
Du moment qu’on y consent
C’est presque trop peu,
Presque rien,
Puisque le cœur absolu
Ne se comble qu’en donnant tout.
Tout donner tout à ceux qu’on aime
C’est tout gagner,
On n’aime pas à demi,
On ne donne pas à moitié,
La graine jetée en terre
Et travailler par l’humus
Ne peut renoncer
À se dissoudre tout entière
Pour voir d’elle surgir
La profusion du nombre
Et sa propre éclipse.
Une promesse tenue
C’est un profit perdu
Contre un bonheur gagné !
L’amour est terrifiant d’absolu
Et si tous ceux qui se jetaient
Dans l’aventure d’aimer savaient au départ
Ce qu’il leur en coûterait,
Beaucoup se tiendraient sur le bord du désir
À faire le compte prévisionnel
De ce qu’ils risqueraient
Et jamais ne connaîtraient
Ce qu’on ne connaît
Qu’en se sacrifiant
À l’inconnu.

La clé dans la mare !






La clé dans la mare.




J’ai un ronflement sourd à la poitrine, un bruit de moteur qui tousse et crache.

Mon cœur accidenté a le souffle court, j’ai couru les rallyes fous des interdits

Roulé sans permis sur les routes défendues, j’ai pris des pistes crevassées d’ornières

Cueilli des amours spontanées et éphémères, je n’ai pas eu peur de m’arrêter de nuit.

Sur les périlleuses bandes d’arrêt d’urgence, Pour prendre en auto-stop des passagères las

Rassasiées d’aventures et d’illusions perdues

Au volant de l’errance défiant l’inconnue, je croise dans le carrefour du hasard

Ces flamands rose bonbon parfumés, campés sur leurs échasses en bas de soi

Pudiquement je les reçois dans mon intimité, et leur offre sans serment ma maigre tendresse

Qu’est-ce en définitive aimer que de vouloir du bien à ceux que le hasard livre à votre humanité ? En amour il y a autant d’appétit d’être soi-même chéri que de désir généreux de donner de son affection ! À combler de mansuétude les lacs de solitude on se sent un peu moins seul et on ose rêver que l’errance cesse et que l’amour surgisse et reste !

J’ai un ronflement sourd à la poitrine, un bruit de moteur qui tousse et crache.

Mais malgré les ennuis des grands chemins, globe-trotter amoureux je n’ai pas renoncé

À trouver quelque part une aire de pur repos. Du voyage épuisant je ferai une escale, où peut-être poserai-je réellement mes valises et ferais-je racines et pourquoi pas des fleurs pour le bonheur d’une jardinière qui aimera mes roses et supportera mes épines. Près d’elle j’abandonnerais ma vieille guimbarde et je jetterais la clé dans une mare parmi les nénuphars. À deux, je crois qu’il est moins triste de contempler au crépuscule la parade tranquille des cygnes.

J’ai toujours un ronflement à la poitrine, mais il est aujourd’hui plus doux

C’est celui d’un chat un peu sauvage qui se laisse apprivoisé

Je n’ai plus l’obsession de la route et la poursuite de la liberté

J’établis moi-même le procès-verbal du gardien de la paix,

Mon cœur peut encore tourner au régime doux,

Après des kilomètres au compteur je trouve le bon rythme

Celui de la barque qui dodeline mollement au bord du lac

Où plus personne n’éprouve le besoin de prendre le large.

L’amour s’est installé sur le nénuphar auprès de la grenouille


Repos.