mardi 4 juin 2013

C’est cela s’aimer

C’est cela s’aimer


Que crains-tu, toi avec qui je me tiens
À l’ombre apaisant de l’olivier ?

À chaque fois que l’aube pointe
Je me lève et poursuis mon périple du jour

À chaque fois que descend le crépuscule
Je rebrousse chemin et m’assieds à ton ombre

A nos pieds coule une source qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Voilà que nous respirons ensemble
Le parfum du rosier et de l’oranger

Quand vient l’heure d’étendre la natte
Nous nous allongeons ensemble

N’as-tu pas la meilleure place
D’où on voit naître le même rêve

Modelant ensemble l’horizon
Pour y creuser notre chemin

Arpentant les sentes rocailleuses de nos espérances
Sarclant ensemble les ronces de nos inquiétudes

N’est-ce pas pour partager les agréments d’un même vin
Que nous redressons de concert les sarments de nos ceps

Et mêmes singulières, nos routes sont-elles solitaires
Nos pas sans s’entraver ne se conjuguent-ils pas ?

Que crains-tu, à l’approche de l’orage fugitif
Puisque nous attendons ensemble la paix des éléments

A nos pieds coule une source limpide qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Nos vies se renouvellent, et s’améliorent
Chaque instant plus riche que le précédent

Mais que ta crainte ne ferme pas tes mains
Ne garde pas pour toi seule l’eau de la cruche

À serrer trop fort la cruche contre sa poitrine
On finit par la briser et l’eau précieuse se répand

Restons toujours accroupis auprès de la source
Et enlevons-en ensemble les feuilles mortes
C’est cela s’aimer

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