mardi 4 juin 2013

C’est cela s’aimer

C’est cela s’aimer


Que crains-tu, toi avec qui je me tiens
À l’ombre apaisant de l’olivier ?

À chaque fois que l’aube pointe
Je me lève et poursuis mon périple du jour

À chaque fois que descend le crépuscule
Je rebrousse chemin et m’assieds à ton ombre

A nos pieds coule une source qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Voilà que nous respirons ensemble
Le parfum du rosier et de l’oranger

Quand vient l’heure d’étendre la natte
Nous nous allongeons ensemble

N’as-tu pas la meilleure place
D’où on voit naître le même rêve

Modelant ensemble l’horizon
Pour y creuser notre chemin

Arpentant les sentes rocailleuses de nos espérances
Sarclant ensemble les ronces de nos inquiétudes

N’est-ce pas pour partager les agréments d’un même vin
Que nous redressons de concert les sarments de nos ceps

Et mêmes singulières, nos routes sont-elles solitaires
Nos pas sans s’entraver ne se conjuguent-ils pas ?

Que crains-tu, à l’approche de l’orage fugitif
Puisque nous attendons ensemble la paix des éléments

A nos pieds coule une source limpide qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Nos vies se renouvellent, et s’améliorent
Chaque instant plus riche que le précédent

Mais que ta crainte ne ferme pas tes mains
Ne garde pas pour toi seule l’eau de la cruche

À serrer trop fort la cruche contre sa poitrine
On finit par la briser et l’eau précieuse se répand

Restons toujours accroupis auprès de la source
Et enlevons-en ensemble les feuilles mortes
C’est cela s’aimer

samedi 2 février 2013

LA BRAISE SOUS LA CENDRE




LA BRAISE SOUS LA CENDRE


Quand à toi je songe, aux instants calmes du soir

Je sens qu’un sentiment plus profond que la sympathie

Et bien plus ample que l’amitié doucement m’envahit.

Ne dois-je renoncer, hélas, à cet élan qui pourtant me transporte

Et seulement te regarder comme une rose qui ne se cueille pas ?





Car, n’est-ce pas trônant libre en son haut firmament

Que l’aigle audacieux est majestueux et heureux ?

Tout autant que la beauté somptueuse du pur-sang,

N’est-ce pas sa liberté fougueuse qui nous émeut ?



Je sens qu’un sentiment plus profond que la sympathie

Et bien plus ample que l’amitié doucement m’envahit

Cette vague intérieure m’emporte et me rend euphorique

Mais ainsi qu’un rêve merveilleux illumine l’imaginaire

Je te garderai en moi comme une braise 
qui sous la cendre couve

Comme un trésor secret 
que mon cœur seul connaît !

Une braise, deux roses, deux coeurs !
Yves Untel PASTEL, La braise, les roses, les cœurs, février 2013