C’est un vice tendre que d’écrire des poèmes
Sur les tombes salis par la boue du cimetière.
Je peux debout, assis, accroupi ou à genoux
Cueillir la tristesse de toutes les larmes versées.
Sur chaque tombe sont venus je suis certain
Des amoureux incognito dans l’ombre des cyprès,
Avec leurs poids de mots pour dire les frissons
Que leurs cœurs connaissent encore, leurs folies ;
L’entêtement de leurs luttes contre tout oubli
Se souvenir à tout prix de celui qui n’est plus,
Pour faire vivre encore bien après le trépas
Leurs amours inconnues qui ne s’oublient pas ;
Celles qui ont été partagées et celles qui furent tues
Celles qui aident à vivre et celles qui vous brisent.
Avez-vous remarqué les corbeaux qui veillent
Perchés sur les crucifix ces butins invisibles ?
Ils ne sont point lugubres mais beaux
Dans leurs duvets noirs aux reflets argentés.
Ce sont des veuves qui gardent jalouses
Le repos de ceux qu’elles n’ont cessé d’aimer.


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