De sel et d'amour !
Une lettre poétique sur le thème de l'amour. Yves UNTEL PASTEL
lundi 2 janvier 2023
Bonne Année 2023 à la Martinique
vendredi 7 octobre 2022
AUTOUR DE LA PSYHIATRIE - Article repris du net
lundi 6 décembre 2021
Vient le temps de la moisson
mercredi 7 juillet 2021
Biographie en quatre livres et un CD
Biographie rapide
Yves UNTEL PASTEL est né à Rivière-Pilote en Martinique. Artiste musicien, écrivain, distingué en 2007 par le Prix Fètkann-Poésie avec L’humeur des cannes (L’Harmattan, 2006), il signe ici son deuxième roman après Amandine ou Un Chemin de Survie (Alter Editions, 2013) et deux recueils de poésie, Cahier de Confinement et Le Thérapeute Intérieur (Editions du Net 2020.
2021 - ROMAN
L'HOMME QUI ATTEND À L'ABRIBUS
Ou un certain chemin de l'exil
Ce roman, conte merveilleux, à la fois réaliste, caustique, se révèle bel et bien un conte philosophique à la portée universelle. L'auteur suit l'itinéraire compliqué d'un émigré martiniquais Juste Patient, agent de la RATP « mis en congé », qui à la suite d'une série de malentendus plus ou moins cocasses se retrouve interné dans un asile d'aliénés. La soi-disant folie de Juste Patient est un miroir où se reflète celle de la société occidentale aux normes implacables qu'elle impose dans ses cités jusqu'aux terres françaises d'Amérique. D'où l'échec du retour thérapeutique de Patient au pays. Fou de la Joséphine de Napoléon Ier, statufiée au centre de Fort-de-France, il l'outrage bien avant la vague de déboulonnages qui ont abattu les statues des héros de l'Occident. Un constat cinglant : le Martiniquais reste un exilé même dans son propre pays.
- Date de publication : 20 avril 2021
AMANDINE ou Un chemin de survie - récit.
Prix FÊTKANN POÉSIE
dimanche 9 mai 2021
QUELQU’UN AVEC QUI …
Quelqu’un avec qui marcher
Quelqu’un avec qui parler
Quelqu’un avec qui sourire
Quelqu’un avec qui rire
Quelqu’un avec qui espérer
Quelqu’un avec qui se projeter
Quelqu’un avec qui manger
Quelqu’un avec qui se détendre
Quelqu’un avec qui rêver
Quelqu’un avec qui s’épanouir
Quelqu’un avec qui grelotter
Quelqu’un avec qui se réchauffer
Quelqu’un avec qui dormir
Quelqu’un avec qui se blottir
Quelqu’un avec qui se réjouir
Quelqu’un avec qui jouir
Quelqu’un avec qui réfléchir
Quelqu’un avec qui se contredire
Quelqu’un avec qui respirer
Quelqu’un avec qui soupirer
Quelqu’un avec qui se tourmenter
Quelqu’un avec qui se rassurer
Quelqu’un avec qui souffrir
Quelqu’un avec qui se consoler
Quelqu’un avec qui défaillir
Quelqu’un avec qui se rétablir
Quelqu’un avec s’affaiblir
Quelqu’un avec qui guérir
Quelqu’un avec qui vieillir
Quelqu’un avec qui dépérir
Quelqu’un avec qui vivre
Quelqu’un avec qui mourir.
Quelqu’un avec qui être soi-même
Quelqu’un avec qui être en paix.
mardi 23 mars 2021
Le goût du manque !
Tout est plein de ton absence
J’inspire, j’expire, je soupire
Tout est insignifiant sans toi
Je respire, j’étouffe, je t’espère !
Il y a de l’air partout,
Pourtant, je manque d’air
J’arpente les rues de la ville
Pourtant je me sens séquestré
Tout est plein de ton absence
J’inspire, j’expire, je soupire
Tout est insignifiant sans toi
Je respire, j’étouffe, je t’espère !
Je te cherche dans chaque visage
Dans mon brouillard je t’aperçois
De mirages en illusions je te conçois
J’écarte les bras, j’embrasse le vide
Tout est plein de ton absence
J’inspire, j’expire, je soupire
Tout est insignifiant sans toi
Je respire, j’étouffe, je t’espère !
J’ai à la bouche le goût du manque
Je suffoque sous le vent et le sable brûlant
Le souffle d’un cuisant désert m’assèche
J’ai soif de toi et toute eau me semble amère
Tout est plein de ton absence
J’inspire, j’expire, je soupire
Tout est insignifiant sans toi
Je respire, j’étouffe, je t’espère !
samedi 12 août 2017
DE SEL ET D'AMOUR RECUEIL !
Dans l'imperfection du verbe, à chacun de trouver ses mots !
Yves Untel Pastel
Celle que j’aimais ne m’aime plus
Une errante passe s’en émeut,
Le ramasse et le serre contre elle
Elle ne sait pas que c’est le mien
Et moi je ne sais pas où elle va
Elle doit avoir un bien grand cœur
Pour aimer si fort soudain
Un pauvre cœur abandonné.
Il me faudra du courage
Pour lui dire que ce cœur est le mien
On sait bien qu’un cœur ne va pas seul
Il cache toujours un visage
Une vie, une histoire
Mon cœur palpite contre ses seins
Et je crains de réclamer mon bien
De peur que je ne brise le sien
Je veux bien qu’elle le garde
Et qu’elle en prenne bien soin
Puisqu’il est déjà si bien tout près du sien.
J’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.
Ainsi qu’une pastèque gorgée de suc et d’eau
Là est le désert et ses mirages follets
Le vent court fou et les dunes tourbillonnent
Voilà ton cœur en détresse mêlé au sable brûlant.
Et le désert est mon pays
Tout se mêle, tout s’enlace
L’eau et le sable
La lumière et l’ombre
Le doute et l’audace
La vie et la mort
j’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.
Désert de solitude
Prends mon cœur dans le tien
Bois mon suc et mon eau
Je prendrai le tien
Ton suc et ton eau.
Ma plaie sera guérie
Et ton cœur apaisé
En croisant mon regard.
J’ai rêvé de toi mille fois
Je viens d’un pays où le vent réduit tout en sable fragile
Une terre où l’éphémère est le costume de tous les rêves
Rares sont les rochers qui subsistent à l’intraitable érosion
Toute parole est fruit chargé d’un nectar de chimère
Et ce n’est qu’à la bouche qu’on goûte le miel ou le fiel.
Toute promesse est un matin drapé de soleil éclatant
Même l’ombre embusqué des bosquets s’offre à la lumière
Mais après les grandes féeries des heures éblouissantes
Vient l’éclatant crépuscule mêlé de crainte et de tristesse
La nuit offre ses échancrures à l’incendie du soleil couchant
En même temps que la folie ardente des fiancées angoissées
Mes yeux éblouis sont brûlés par la lave des larmes
Et j’ai depuis longtemps perdu le voile de l’innocence
La raison ressasse en moi des édits de clairvoyance.
Que m’offrira la passion si elle ne m’offre la paix ?
Ainsi qu'une boule de feu
Qui prend mon être d'assaut
Faut-il que je demande permission
Pour te dire "je t'aime"?
Qui est le maître de ton cœur
Pour en être le censeur
Et qui est le maître du mien
Sinon moi-même
Pour m'interdire de t'aimer ?
Au risque de connaître le cuisant
de l'épée
Dans ce feu rouge du crépuscule
Qui sera peut-être mon bûcher
Je t'avoue mon feu
Sans craindre de m'y consumer !
Je t'aime
Luciole de mes nuits !
Voilà en ces instants où j’atteins la raison
Une façon mienne de vous dire mon amour
J’avais cru trouver un sens à la folie d’aimer.
Mais je n’étais qu’un fou mené par des démons rieurs
L’âme ardente succombe aisément à la griserie des passions
C’est une drogue puissante qui vous viole et vous perd.
De l’amour je ne veux que la douceur des rêveries
A la source de la tendresse je me penche et m’abreuve
D’un amour léger, raisonné, tranquille me satisfais
Résolu de ne plus succomber aux excès tyranniques.
Je veux aimer doucement sans contraindre ma nature
Et de celle qui m’aime je veux être épris mais sage.
Acceptez mon amour comme une brise au crépuscule,
Contemplons le couchant en ses feux émouvants.
Laissez-moi votre cœur comme une fleur cueillie
Le mien sera votre vase, mieux, votre oasis pour toujours.
Voilà en ces instants où j’atteins la raison
Une façon mienne de vous dire mon amour
J’avais cru trouver un sens à la folie d’aimer.
Mais je n’étais qu’un fou mené par des démons rieurs
L’âme ardente succombe aisément à la griserie des passions
C’est un élixir puissant qui vous viole et vous perd.
De l’amour je ne veux que la douceur des rêveries
A la source de la tendresse je me penche et m’abreuve
D’un amour léger, raisonné, tranquille me satisfais
Résolu de ne plus succomber aux excès tyranniques.
Je veux aimer doucement sans contraindre ma nature
Et de celle qui m’aime je veux être épris mais sage.
Acceptez mon amour comme une brise au crépuscule,
Contemplons le couchant en ses feux émouvants.
Laissez-moi votre cœur comme une fleur cueillie
Le mien sera votre vase, mieux, votre oasis pour toujours.
Que crains-tu, toi avec qui je me tiens
À l’ombre apaisant de l’olivier ?
À chaque fois que l’aube parait
Je me lève et poursuis mon périple du jour
À chaque fois que descend le crépuscule
Je rebrousse chemin et m’assieds à ton ombre
A nos pieds coule une source qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore
Voilà que nous respirons ensemble
Le parfum du rosier et de l’oranger
Quand vient l’heure d’étendre la natte
Nous nous allongeons cote à côté
N’as-tu pas la meilleure place
D’où nous voyons naître le même rêve
Modelant ensemble l’horizon
Pour y creuser notre chemin
Arpentant les sentes rocailleuses de nos espérances
Sarclant ensemble les ronces de nos inquiétudes
N’est-ce pas pour partager les agréments d’un même vin
Que nous redressons de concert les sarments de nos ceps
Et mêmes singulières, nos routes sont-elles solitaires ?
Nos pas sans s’entraver ne se conjuguent-ils pas ?
Que crains-tu, à l’approche de l’orage fugitif
Puisque nous attendons ensemble la paix des éléments
A nos pieds coule une source limpide qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore
Nos vies se renouvellent, et s’améliorent
Chaque instant plus riche que le précédent
Alors, que ta crainte ne ferme pas tes mains
Ne garde pas pour toi seule l’eau de la cruche
À serrer trop fort la cruche contre sa poitrine
On finit par la briser et l’eau précieuse se répand
Restons toujours accroupis auprès de la source
Et enlevons-en ensemble les feuilles mortes
C’est cela s’aimer
Regrettables idylles
De ses instants jetables,
laisse toujours le cœur pantois
au bord de la corniche
du grand désarroi.
À quoi bon risquer
un inutile « je t’aime »
qui ne sondera
que l’oreille distraite
Du bateau ivre des ébats
ne s’entrevoit déjà plus
qu’il y a peu encore
combien je m’enlise de ses amours-là
combien ils laissent mon corps à terre, harassé,
et mon âme terrassée.
Et me laissez vide et avide de vous
Entre mes doigts de brume et mon âme aux abois
Vous glissez voleur furtif amant insaisissable
Vos yeux m’ont transpercée d’une douceur ineffable
Pas un mot courtisant, juste un souffle au passage
Et me voilà ensorcelée, soumise ligotée au gibet
La passion m’assaille, me lamine, m’émiette
Je vous aime sans raison, victime consentante
Ma tête bourdonne implose, ruche éperdue et folle
J’absorbe le fiel de l’attente, et en espère le miel
L’amour est mon poison et tout autant mon remède
Immense est mon espoir au matin triomphant
Sans borne est ma détresse au soir rougissant
Doux bourreau silencieux, mon tyran innocent
Dites-moi un mot, une syllabe, rien qu’une voyelle
Je vous supplie, un mot juste pour me congédier
Un qui disperse mon rêve en pluie d’illusion
Un tendre et ferme qui me renvoie à moi-même
Un qui de vous me libère et me ramène à raison.
Parce qu'il en avait besoin
Je l’ai reçu
Parce que j’en avais besoin…
Pour combler un vide…
Nous avons besoin
L'un de l'autre.
Ainsi sont les êtres…
Une douleur appelle une autre douleur
Une solitude soupire après une présence…
Raccourcir la distance
Soulager un manque
Il est des maux qu'on soigne sans guérir
Mais, apaiser, n’est-ce pas déjà mieux
Que souffrir sans nul remède ?
À défaut d'aimer parfaitement
Tenter au moins d'aimer
Tels que nous sommes
Avec ce que nous sommes
Ici et maintenant
Car seul compte l'instant
À défaut de cette durable chaleur
Qui transforme le plaisir en bonheur…
Accueillir la brise tiède, au lieu du vent froid
Marcher, espérer, contre la bise glaciale
Marcher à contre sens du bon sens
Tant qu'il n'y a pas mieux
Tant que le cœur dit oui
Même contre la raison, oui !
Seul en effet compte l'instant
Car, on ne vit pas demain
Mais dans l’imperfection de l’immédiat.
Il est venu un soir et je l’ai reçu
Lui, mon onguent
Et moi, son pansement.
Naufragés d’une vie de cabotage
Nous nous aimions, nous nous haïssions
Changeant souvent de cap
Sur l’océan des jours mouvementés
Nous avons connu la violence des orages
Et le bonheur des accalmies
Notre barque a pris l’eau souvent
Se fracassant sur des rochers vicieux
Disloqués par les vagues tumultueuses
Nous avons mille fois rebâti notre radeau
Nous avons vogué des jours heureux
Parfois l’un tout contre l’autre
Sur des océans de clémences
Parfois déchirés en d’absurdes démences
Nos ongles furieux raclaient nos corps rongés d’urticaires
Le soulagement naissait de notre commune douleur
De nos déchirements amoureux sous les cendres de l’aube
S’éveillaient nos pardons, douloureuses renaissances
C’est ainsi que nous nous aimions encore
Écorchés, nos plaies livrées au sel marin
Laminés par nos luttes impétueuses
Quelques fois la discorde nous a rejetés
Sur les rives de nos antipodes
Et la solitude et le manque et le vide, et la soif
Et l’asphyxie de nos insupportables absences
Nous jetaient dans cette reconquête folle de l’autre
Aux défis des périls à contre-courant de toute raison
L’orgueil posé au pied et perclus d’humilité
Nous nous hissions sur le frêle esquif
De notre amour imparfait. Réconciliés.
C’est ainsi que nous nous haïssions amoureusement
De naufrages en retrouvailles, un jour après l’autre
C’est ainsi qu’absurdement nous nous aimions.
Et c’est ainsi que nous nous aimons toujours !
Lambeaux amoureux
Espérant une guérison
Les mouchent y ont pullulé
Et jamais n’est venue la cicatrice
Mon cœur est une chair en lambeau
Tous ceux qui l’ont touché, l’ont déchiré
Puisqu’à cœur perdu je quémandais tendresse
Ils ont souillé mon corps, encore et encore
Ma vie est un champ ravagé, un vaste marécage
Mon sexe un cloaque ou la vermine se soulage
Les hommes que je connais ne sont pas des hommes
Ce sont des charognards guettant des proies chétives
Pourtant vous les verrez ces amants en société
Comme ils paraissent affables et bons princes
J’ai bu tant de fois avec eux les verres de l’opprobre
Ceux qu’on accepte mal gré pour ne pas rentrer seule
J’ai craint tant de fois l’approche de minuit
L’instant ou les spectres hantent le sommeil
Tant de fois j’ai ouvert mon bras au dégoût à l’effroi
Juste pour ne plus goûter à la brûlure d’un lit froid
Ils ont souillé mon corps, encore et encore
Puisqu’à cœur perdu je quémandais tendresse
Tous ceux qui m’ont touché, m’ont déchiré
Mon cœur est une chair en lambeau
J’attends une main qui me soigne et m’apaise
Mon corps est las et mon cœur n’est plus qu’un feu mourant
N’est-il pas nulle part un homme qui puisse un peu m’aimer ?
Qui sont ceux là qui n’ont jamais connu l’ardent feu
Quand l’amour m’a agrippé au collet et m’a soulevé de terre
et tu dis, et tu dis
et tu dis tant, et
tu dis trop
et tu livres en pâture
et tu fais témoignage
de ce que tu ne sais même pas
incontinent, irrépressible
de ta bouche qui parle, déparle
du feu qu'attise ton souffle
du chaos soudain
des rêves d’autrui réduits à néant
et des bonheurs noyés
ne te tairas-tu jamais
juste par indulgence
pour les passions innocentes
car l'amour est toujours innocent !
N’aspergeras-tu jamais tes mots
d'un peu de bienveillance ?
Garde close ta bouche, enfin !
Fais taire le vrombissement incessant
de tes nuées de frelons caustiques !
Laisse donc voguer les cygnes sur le lac
de leurs cous gracieux
ils dessinent les contours parfaits
de ce que les âmes ont de plus pur
l'amour sans faux-semblant !
Essaie, pour une fois, oui !
Laisse donc vivre les vivants
paix à ta bouche
livre tes mots au néant silencieux
oui, laisse luire les étoiles dans la nuit.
Ils croyaient follement s’aimer…
Mais s’aimaient-ils vraiment
S’aimaient-ils assez ?
Savaient-ils seulement
Ce que c’est qu’aimer
Passée l’heure des passions vives
Apaisée le temps des grands émois ?
Lorsque se regardant en leurs apparences
Soupesant leurs irréductibles différences
Lorsqu’il fallut affronter les foules
De ceux qui n’aiment que ce qui est « même »
L’ardeur du feu qui les mangeait
Peu à peu s’est tiédie, puis refroidie…
S’aimaient-ils vraiment
Ou le croyaient-ils seulement ?
Quand sont venues les excuses
Nourries des ancestrales peurs
Évoquant l’irrévocable loi du clan
Intraitable avec les enfants prodigues
Quand chacun raidissait sur sa rive
N’osant plus enjamber l’eau trouble des tabous,
S’aimaient-ils tant, savaient-ils seulement
Ce que c’est qu’aimer vraiment ?
Il vaut mieux n’avoir jamais aimé que de devoir vous haïr un jour.
Ne suffit-il pas d’un accroc négligé pour que le fil du lien se défasse ?
Et si buté on multiplie les affronts, l’amour n’ira-t-il pas à vau-l’eau ?
Il faut tant de peines et d’efforts pour apprendre à s’aimer
Pourtant un instant, un seul suffit pour tout saccager.
Soyez vigilants aux petites choses, aux mots, aux gestes insidieux
Jardiniers de l’amour, demeurez attentifs à chaque pousse tendre.
Embrassez la moindre plaie, réparez sans tarder le moindre tort
Pour la concorde des amants, il n’est point de trop grand effort.
L’arbre de l’amour est fragile et le bonheur d’aimer si précieux,
Qu’il est judicieux de réparer dans l’instant la moindre peine du cœur.
Il vaut mieux n’avoir jamais aimé que de devoir vous haïr un jour
Amants veillez à ce que ne s’effiloche point l’étoffe de votre amour.
Je laisse mes pas éphémères dans le sable brun
Je marche et j’écoute en moi ce roulis incessant
Je retisse attentif le fil évanescent de mes songes
Au bout de la plage une crèche encastrée se cache
Dans le flanc de la falaise de roches déchiquetées
C’est là dans ce sanctuaire où se terrent les crabes
Que, respirant l’iode, j’achève mes pieuses méditations
Les vagues insatiables grignotent les roches dures
S’enroulent et se déroulent infatigables et chantent
Et ressassent, sempiternelles des paraboles mystérieuses
Ramènent du large ces soupirs océaniens, et m’apaisent.
Le jour vient doucement grignotant l’ombre
L’air frais s’adoucit, le soleil perce l’horizon
À cet instant plus chaud, vient toujours à la même heure
Une femme, marchant sur mes pas dans le sable brun.
J’ai senti glisser sur mes épaules votre regard doux
Tantôt retenu, tantôt insistant, toujours constant
J’ai cru un instant percevoir de vous un possible élan
Sans jamais me retourner je vous savais présent
Scrutant sans doute l’augure avant de vous décider
Il me sembla vain, cependant d’accueillir ce nouvel espoir
Tant au fond de moi je vous sentais par trop hésitant
Alors mes pieds dans l’eau, absorbant en moi les ondes
Je tournai mon âme vers mon dessein premier, partir
J’avais ce désir insensé de départ sans retour
Vers je ne sais quel port plus serein qu’ici-bas
J’étais lasse d’une existence fade ou l’amour me fuyait
Où les amants autour n’exhibaient que l’orgueil de me posséder
À la place de m’aimer vraiment en mon être affamé
Ils m’épuisaient de leurs lourds et insipides envies
Je n’étais qu’une marguerite à cueillir et à effeuiller
Sans même le souffle ardent d’un poème pour embellir le geste
Vivre d’ailleurs sans la souffrance de respirer cet air lourd
Vivre comme la pierre immobile et muette au milieu des courants
Appartenir au mystère obscur des éléments insensibles
Être ici et là, là et ici, telle une vapeur qui s’évade au soleil couchant
Et puis ce chant s’éleva, chuchoté d’abord puis plus clair et vibrant
Une voix cristalline, un vent frôlant les cordes d’un tendre violon
Peut-être n’était-ce pas si pur, mais c’est ce que percevait mon âme
Car mes ouïes sourdes s’étaient déjà fermées aux bruits du monde
Un chant masculin, celui d’un devin qui lisait dans les plis de mon cœur
Les lignes troubles de mon destin d’hirondelle aux ailes rompues
Un chant et des mots apaisant mes maux, un chant écho à ma souffrance
Seul un être sensible et vrai pouvait ainsi faire vibrer mes cordes intérieures.
Ce chant était pour moi, rendant ses harmoniques au silence hermétique
Je vous ai vu un jour sous cette pluie tiède
Marcher le long du fleuve qui sortait de son lit
Les eaux léchaient les bords, mouillaient vos pieds
Et semblaient s’accrocher à vos chevilles menues
Le soleil luisait Transperçant les nuages
Embellissait l’alentour de ses lueurs joyeuses
Vous étiez prise dans un faisceau oblique
L’ombre tout autour et vous, illuminée
Le vent froissait votre robe et vos cheveux rebelles
Déposait sur votre front des feuilles perdues.
Vous étiez émouvante entre l’ombre et la lumière
Votre robe de soi rouge épousait votre corps
Les dernières gouttes de pluie cristaux éparpillés
Glissaient des feuilles lisses et vous mouillaient encore
Portée par la brise moite vous alliez mollement
Curieuse silhouette au milieu des éléments…
Craignant que pressée vous ne vous envoliez
Papillon éphémère derrière les bougainvilliers
J’ai descendu les marches qui menaient à la berge
Pour vous voir de plus près, découvrir vos traits
Vous avez retenu vos pas et moi mon souffle
Vous m’avez regardé comme si vous m’attendiez
Vous avez arrangé vos cheveux en désordre
Et j’ai vu vos yeux noisette et vos rides légères
Il faut parfois la pluie, le vent et le soleil
Pour peindre l’instant où votre vie bascule.
Nous marchons souvent encore aujourd’hui,
Longeant ce même fleuve
Puisque depuis je vous dis « tu »,
Vieillissant près de vous.
De ta coupe
Suintant au bord,
Ma bouche
Soumise !
Une voie lactée
Tombant du ciel
Poussière de nirvana
J’atteins l’ivresse
Est-il plus doux élixir
Est-il eau plus pure
Pour combler ma soif ?
Je creuse un corridor
Sous la voûte ocre du ciel
Sous tes yeux mordants, l’air d’acier cuisant
Attise mon désir d’essentiel
J’expire, mon errance est longue et rude sur l’eau céans
je dérive, me perds, il faut un timonier à mon gouvernail !
Est-il plus certaine boussole à la vie d'un homme
Qu'une femme dont la matrice est la nef même
Dont le front est le phare
Dont les yeux sont
Deux lunes douces habitées de tendresse
Dont les bras sont les rames qui palpent l'intimité des vagues
Et esquivent les récifs embusqués
Dont le cœur est l'oasis de bonne espérance
Dont le corps est l'Éden sacré
L'île merveilleuse où je veux jeter l'ancre
Et attendre le crépuscule ?
Femme coupe dans laquelle
Les dieux ont versé
La royale gelée
Je viens à la laitance
de tes reins
étancher ma soif
Et déposer l'offrande
De ma vie.
M’enflamment ces transports qui abolissent la raison
Avide et empressé, Je bois de cet éther analeptique
Et sombre dans ce vertige des sens sans aviron ni boussole
Archange soûl dévoué à ton autel infernal
Prisonnier de tes effluves, ô divine prêtresse,
Haletant, je ne trouve un peu d’apaisement
Qu’abreuvé de ta laitance primordiale.
Je suis esclave d'une soif inextinguible
Je m’abîme sans retour en un délire tourbillonnaire
Et nul autre précieux vin ne m’apporte d’ivresse
Que la débâcle de ton ardent alambic.
Aux heures creuses des jours mourant
Scrutant l’océan et jaugeant ses périls
Je pense à partir vers ces mondes inconnus
Le cœur plein de toi pour seul viatique
Je laisserais mon peuple, ma terre aimée
Les odeurs de mon village, mes racines
J’emporterais les poèmes du psalmiste
Le chant des aînés au jour de grandes fêtes
D’autres ont pris la mer et se sont perdus
Mais plutôt que de sempiternels regrets
Je veux oser avec toi ce grand voyage
Au bout de nulle part, aux confins de l’amour !
toi mon toit
demeure ou
mon cœur gîte ?
Un amant attentif a disposé un bouquet de roses
Dans un vase en fine porcelaine de Limoges
Ce bouquet remarquable disait à n’en point douter
Par la savante métaphore de sa composition
Les intentions calculées de cet amant délicat.
Il n’y avait point une disposition vague et chaotique
De dix ou vingt roses pêle-mêle d’un ton monotone
Mais bien un tableau composé de la main d’un peintre
Sept roses d’un fuchsia tendre traçaient une bordure
Sept, le chiffre parfait, gage d’une tendresse protectrice
Car l’amour est un défi pour sept jours et pour toujours
Trois roses blanches, promesse pure de l’amant fidèle
Prêt à vivre le meilleur et le pire sans jamais défaillir
C’est l’amour qui se livre corps et âme à l’aventure
Une rose Rouge, cœur de l’âtre où la passion explose
Forge rougeoyant où le feu irradie l’être en son entier
Volcan perpétuel où l’amour sans cesse se renouvelle.
L’amour vient à pas de loup comme la brise
Ou en bourrasques comme le typhon rugissant
Comme le ruisseau qui suinte d’entre les pierres
Où comme le fleuve impétueux qui dévale les cascades
Comme le lion qui grogne et émeut la savane
Ou comme l’ortolan qui roucoule et apporte la rêverie
L’amour survient de milles inattendues façons
Dans la brise ou dans la bourrasque
L’intrépide guerrier brusquement pose ses armes
Et se jette à genoux aux pieds de la femme accroupie
Et la veuve éplorée serrant contre elle son époux mort
Découvre l’émoi dans les yeux de son bourreau repentant
C’est ainsi, dans la fulgurance absurde de l’instant
Que des guerres cessent et que la paix fleurit
Là ou brisant la haine la compassion se mêle au pardon
Là où la passion soudaine de l’autre brise les barrières
Nul ne sait d’où vient l’amour espiègle et déraisonnable
Ne suivant que sa loi incernable pour unir les cœurs.
mai 2010
Dans la pénombre ouatée j’étais en escale
Exilé en un lieu où l’émotion se cache du jour !
Étais-je sur un pont pardessus un précipice ?
Traversais-je un guet au fond d’une gorge ?
Je ne sais, mais j’allais, j’allais éperdu
J’allais arpentant l’inconnu, les pieds nus
La poussière légère du chemin dansait
Et l’herbe fraîche accueillait mes pas
Avais-je simplement fermé les yeux
Et dansais-je sur une chaise à bascule
Me croyais-je par la belle magie du rêve
Dans le roulis doux d’un océan valsant
Je ne sais, mais j’allais, j’allais dérivant
J’allais prendre la main douce d’une inconnue
J’arpentais les venelles d’un amour immaculé
Au rythme du vent, à la sincérité des âmes !
Sur le pont de l’errance mu par l’audace d’aimer
Mes pas poursuivaient éperdu la trace d’un pas perdu
Mon souffle poussait dans le vide des bateaux en papiers
Mes baisers papillons cherchaient la bouche de l’élue.
Ou allais-je cueillir la marguerite, je ne sais, je ne sais
Mais tandis qu’accoudé je regardais l’eau danser
Une silhouette tendre m’apparut dans l’eau bleue
Nos deux reflets valsaient dans les ondes chaloupées !
Aveugle aux apparences, je n’ai vu nul visage
Mais je sentais battre un cœur, puis deux
Le mien surpris, puis celui d’une autre émue
Allais-je sur une nué au firmament in sondé
Où explorais-je déjà les abysses d’un Éden retrouvé ?
Je ne sais, je ne sais, mais je sens et consent
Que l’amour se moque de ce qui paraît en dehors
Et se nourrit du vrai, de l’impérissable espérance !
Voilà que vous étiez là
Et ce n’était pas un rêve !
A ses yeux il était beau
Aux siens elle était belle
Ils se sont promis l’amour
Pour le restant de leurs vies
Quoique pense le monde il s’en moque
Quoique dise le monde elle s’en moque
Vivre l’ici et maintenant.
Pendant que des époux se déchirent
Que des amants se délaissent
Que des frères se détestent
Ils s’aiment fort sans perdre du temps
Dans l’ici et maintenant.
Il y a des blancs qui font les cons
Des noirs qui font les imbéciles
Des jaunes qui font la bêtise
De se haïr mutuellement.
Les macaques sont bien plus malins
Ils ne s’embarrassent point d’idéologie
Avec ce qu’il faut de savoir vivre
Ils se font l’amour le jour durant.
À ses yeux il était beau
Aux siens yeux elle était belle
Pour le restant de leurs vies
Ils se sont promis l’amour
Ils se sont promis l’amour
Quand ils n’avaient pour seul bagage
Qu’un lot de détresse
Et c’est là le grand paradoxe
Et la grâce des pauvres,
Contre vent et marées,
Ils ont tenu leur promesse.
À ses yeux il était beau
A ces yeux elle était belle
Pour le restant de leurs vies
Ils se sont aimés toujours.
vient ma solitude
Je redoute l’instant où
Du haut de ma pyramide
Établie dans les convenances
Ne reviennent ces sentiments
Brûlants et despotiques et que
Le grand chaos ne m’empoigne
Il suffit d’un mot, juste un seul
Et une vie rangée en apparence
Bascule dans le feu de la passion
Il suffit d’une silhouette qui passe
Un mouvement électrique dans l’air
Pour que les sens ébranlés s’affolent
Il suffit d’un regard et la terre se dérobe
L’horizon se trouble et la raison défaille
Les chemins tracés deviennent des entraves
Il suffirait d’un sourire pour que le fauve avide
Au fond de moi emmuré se réveille et se rebelle
Un mot, juste un seul pour gommer toutes les lois
Ô Inconnu vous habité de cette essence qui rend fou
De grâce taisez-vous et ne dites point de ces mots brûlants
De crainte que jetée dans la tourmente le feu en moi ne s’embrase.
11 septembre 2010
Mais je ne me tiendrai pas amant prostré
Au fond d’une sombre cave
Transi par l’humidité malsaine de mes larmes
Je ne me tiendrai pas interdit
Les bras enlaçant mon corps froid
Mon cœur remonté obstruant ma bouche
Refoulant mes « je vous aime »
Au fond de mes tripes…
Les lampadaires ne nargueront
Pas mes solitudes nocturnes à arpenter
Les allées désertes de la ville indifférente.
J’ai confié à tant de fleuves mes lettres d’amour
J’ai livré mon âme au ciel
Sur les ailes des pigeons voyageurs
J’ai semé à la volée mon amour
Dans des champs aux mille roses
J’ai arraché aux ronces mes prières volées
Et me suis prosterné à toutes les chapelles sur mon chemin
Il n’est pas un ange qui n’ait partagé mon secret
Pas un démon qui n’aie essuyé ma rage à défendre mon rêve
Le diable lui-même est impuissant à m’arracher du cœur
L’offrande que je te destine
Seul Dieu peut me contraindre à déposer les armes
A marquer une trêve dans ma croisade amoureuse.
Les jours passent roulent la pierre des pensées lasses
Dans l’âme, fil à fil, le nœud s’enlace et se fait coulant
Dans l’estomac se love la mélancolie insidieuse
Mon humeur lunatique se lève en bourrasque
Puis retombe harassée en sanglot dépressif.
Sur mon bois sec soudain sous la caresse d’une main
Un bourgeon timide brise l’écorce rude
Mon amie tu es là toujours quand il le faut
Généreuse de tendresse et avare de mot
Tes doigts dans mes cheveux ton souffle sur ma nuque
Tu demeures silencieuse insouciante du temps
Ton amour patient m’enveloppe et attend
Que mes nuages passent et que mon ciel s’éclaire.
Ma torpeur s’estompe miracle de l’instant
Mon cœur reverdit et mes forces se rassemblent
Il est un grand bonheur de goûter la saveur
D’une joie qui revient et qu’on croyait perdue.
Le bonheur de vivre tient en bien peu de chose :
Rencontrer l’âme sœur qui sait comment aimer.
Sur la bouche son baiser cramoisi.
Les transports violents d’une passion aveugle
Vous enlacent, vous ligotent et vous mènent parfois
En des entreprises absurdes et périlleuses.
On dit souvent : qui ne jalouse n’aime point !
Mais de jalousie, point trop n’en faut,
Croyez-le sur parole
Car la tourterelle amoureuse libre de ses envols
À son tourtereau délicat roucoulera bien mieux
Les doux accents de son amour.
Et les amants joyeux ont fui aux quatre vents loin de l’aimée
Ils se tiennent sur d’autres rives craignant les coups et l’esclandre
S’attachent à d’autres muses et s’amusent sereins
Parfois d’un regard triste ils se tournent vers l’esseulée aimée
Voient qu’elle se morfond, prisonnière de son bourreau
Haussent les épaules et baissent le front d’un salut contrit
N’osent plus rien pour l’approcher, respectant son cœur et son sort
Nul n’est en effet prisonnier d’un cœur que tant qu’il le souffre
Et pourvu d’être le centre tourbillonnaire des cyclones amoureux
Il est des amantes, même mal aimées qui préfèrent être uniques et captives,
Sans être tenues de défendre la joie d’être aimée et d’aimer librement.
Tonnerre avertissant d’un chaos
Sa silhouette molle s’effondra, anéantie
Son pouls en son corps répondait à l’orage
Et les blessures de l’éclair pourfendaient son regard
Alors que la nuit délaissait sa robe noire
Et revêtait les parures de l’aube naissant
Je l’ai prise dans mes bras et serrée amoureusement
Je l’ai senti fondre de tendresse puis s’évanouir
Terrassé par ma propre douleur
Je sombrais aussi inconscient
Pour combien de temps, je ne sais !
Quand alors j’ouvris les yeux
Elle s’était évaporée, sans bruit, envolée !
Dans ma poitrine flottait une brume chaude
Dans l’air, suspendu, un parfum d’ailleurs.
Je n’avais point rêvé, je sais !
Une étoile vive dansait au firmament !
Mon amour follet, me reviendras-tu Jamais ?
J’ai rêvé un temps à ces fables rosées
Que le grand nombre trouve émouvant
Et que je trouve maintenant comique
La princesse prisonnière en quelque donjon
Qu’un amant jaloux retient à genoux
Prêt à la supplicier si elle rompait ses chaînes
Le monstre posté à sa geôle montant la garde
Et le prince suicidaire perclus d’un amour naïf
Prêt à mourir pour sauver la reine de son cœur
Je suis ému par l’inconnue venue de nulle part
Cette voyageuse aux yeux pleins de nostalgie
Qui cherche la route qui mène à son hôtel
Celle qui charrie avec elle tant de drames inconnus
Et qui mériterait de poser sa tête sur une épaule
Elle qui ne pleure plus mais souffre en dedans
Celle qui par pudeur ne parle jamais d’amour
Mais qui guette entre les affres et la méfiance
Les attentions sincères de celui qui ne lui prend rien
Rien qu’elle ne donne pour monnayer sa quiétude
Rien qu’elle ne donne d’elle-même sans perdre sa dignité
Rien qu’elle ne donne pour trouver enfin l’époux de son repos.
Sur les tombes salies par la boue du cimetière.
Je peux debout, assis, accroupi ou à genoux
Cueillir la tristesse de toutes les larmes versées.
Sur chaque tombe sont venus je suis certain
Des amoureux incognito dans l’ombre des cyprès,
Avec leurs poids de mots pour dire les frissons
Que leurs cœurs connaissent encore, leurs folies ;
L’entêtement de leurs luttes contre tout oubli
Pour faire vivre encore bien après le trépas
Leurs amours inconnues qui ne s’oublient pas ;
Celles qui ont été partagées et celles qui furent tues
Celles qui aident à vivre et celles qui vous brisent.
Avez-vous remarqué les corbeaux qui veillent
Perchés sur les crucifix ces butins invisibles ?
Ils ne sont point lugubres mais beaux
Dans leurs duvets noirs aux reflets argentés.
Ce sont des veuves qui gardent jalouses
Le repos de ceux qu’elles n’ont cessé d’aimer.
