samedi 12 août 2017

DE SEL ET D'AMOUR RECUEIL !



Yves Untel Pastel


De sel & d’amour


Une lettre poétique sur le thème de l'amour











À chacun de trouver ses mots 


Quand transpercé par son glaive l'amour vous rend fou,
Quand aucune raison ne tient devant la passion abrupte,
Une tentative de dire n'est rien d'autre qu'un témoignage d'impuissance.
L'amour est rebelle à tout dévoilement,
Il se vit comme une possession, un chevauchement…
Dans l'imperfection du verbe, à chacun de trouver ses mots !

Yves Untel Pastel






Voilà mon cœur tombé par terre !


Voilà mon cœur tombé par terre
Celle que j’aimais ne m’aime plus

Une errante passe s’en émeut,
Le ramasse et le serre contre elle

Elle ne sait pas que c’est le mien
Et moi je ne sais pas où elle va

Elle doit avoir un bien grand cœur
Pour aimer si fort soudain
Un pauvre cœur abandonné.

Il me faudra du courage
Pour lui dire que ce cœur est le mien

On sait bien qu’un cœur ne va pas seul
Il cache toujours un visage
Une vie, une histoire

Mon cœur palpite contre ses seins
Et je crains de réclamer mon bien
De peur que je ne brise le sien

Je veux bien qu’elle le garde
Et qu’elle en prenne bien soin
Puisqu’il est déjà si bien tout près du sien.







À toi l’étrangère

À toi l’étrangère rejetée par la mer
J’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.

J’ouvre mon cœur
Ainsi qu’une pastèque gorgée de suc et d’eau
Là est le désert et ses mirages follets
Le vent court fou et les dunes tourbillonnent
Voilà ton cœur en détresse mêlé au sable brûlant.
Ici est le désert
Et le désert est mon pays
Tout se mêle, tout s’enlace
L’eau et le sable
La lumière et l’ombre
Le doute et l’audace
La vie et la mort
 À toi l’étrangère rejetée par la mer
j’ouvre mon cœur ainsi qu’une plaie ouverte
Une rouge espérance éblouie par le plein jour.
 Au cœur de la ville
Désert de solitude
Prends mon cœur dans le tien
Bois mon suc et mon eau
Je prendrai le tien
Ton suc et ton eau.
 Nous serons emmêlés,
Pleins d’un amour brûlant
Ma plaie sera guérie
Par cet amour neuf
Et ton cœur apaisé
En croisant mon regard.

J’ai rêvé de toi mille fois
Par des nuits moites
Peuplées de promesse

Depuis ce premier regard ému
Épris de passion éperdue
Saoul de toi,

Jour et nuit, tu me hantes
Impatient et misérable
J’espère ton retour

Lune de mes nuits solitaires
Reviens avant que t’attendre
Ne me rende fou !

Reviens Néfertiti de mes songes,
Oiseau feu de mon paradis
Reviens déesse de mon île.

29 avril 2011





À toi l’étranger



À toi l’étranger qui me tends un cœur palpitant et fiévreux

Je viens d’un pays où le vent réduit tout en sable fragile

Une terre où l’éphémère est le costume de tous les rêves

Rares sont les rochers qui subsistent à l’intraitable érosion


Toute parole est fruit chargé d’un nectar de chimère

Et ce n’est qu’à la bouche qu’on goûte le miel ou le fiel.

Toute promesse est un matin drapé de soleil éclatant

Même l’ombre embusqué des bosquets s’offre à la lumière


Mais après les grandes féeries des heures éblouissantes

Vient l’éclatant crépuscule mêlé de crainte et de tristesse

La nuit offre ses échancrures à l’incendie du soleil couchant

En même temps que la folie ardente des fiancées angoissées


Mes yeux éblouis sont brûlés par la lave des larmes

Et j’ai depuis longtemps perdu le voile de l’innocence

La raison ressasse en moi des édits de clairvoyance.

Que m’offrira la passion si elle ne m’offre la paix ?







La braise sous la cendre


Quand à toi je songe, aux instants calmes du soir

Je sens qu’un sentiment plus profond que la sympathie

Et bien plus ample que l’amitié doucement m’envahit.

Ne dois-je renoncer, hélas, à cet élan qui pourtant me transporte

Et seulement te regarder comme une rose qui ne se cueille pas ?


 Car, n’est-ce pas trônant libre en son haut firmament

Que l’aigle audacieux est majestueux est heureux ?

Tout autant que la beauté somptueuse du pur-sang,

N’est-ce pas sa liberté fougueuse qui nous émeut ?


Je sens qu’un sentiment plus profond que la sympathie

Et bien plus ample que l’amitié doucement m’envahit

Cette vague intérieure m’emporte et me rend euphorique

Mais ainsi qu’un rêve merveilleux illumine l’imaginaire

Je te garderai en moi comme une braise

Qui sous la cendre couve

Comme un trésor secret

Que mon cœur seul connaît !





Chaque jour l'amour se tisse


Ne savez-vous pas amants

Que l’amour se tisse chaque jour

Fil d'or, fil d'argent, fil de soie

Amour métis, amour complice. 

Oui, Chaque jour l'amour se tisse. 





Les amoureux du crépuscule


À l’heure où se lève la lune rousse
Les amoureux aux cœurs rouges
Scrutent le mystère des étoiles,
Ils cherchent le secret
D’un amour éternel.

Mais ce qui compte le plus
N’est-ce pas le bonheur de l’instant
Plus certain que toute inquiétude
Sur ce qui adviendra demain ?

Goûtez immédiatement
La joie de vous aimer
Car l’amour ne se rêve pas
Il se vit instant après instant
Comme on égrène
Le chapelet 
Du bonheur.


                                      





Le dilemme d'aimer

Toi ma fleur de vie,
Ma fleur fatale
Mon élixir
Et mon poison

Comment t'aimer sans en mourir?
Comment vivre sans t'aimer ?

Avec toi j’exulte
Sans toi je sombre
En toi je m’abîme
Loin de toi je déprime

T’aimer c’est mourir
Un peu plus chaque instant
Te perdre c’est rendre l’âme
Comme la brebis sacrifiée

Je suis l’olive
Sous le pressoir
Mon cœur est broyé
Pourtant mon âme jubile

Ma vie s’exhale
Huile généreuse
Répandue à tes pieds
Me voilà sève incandescente
Livrée à l’ardeur de ton alambic

Mon suc bouillonne
Et mon essence
S’évapore sous l’ardent feu
De ton amour

Toi ma fleur de vie
Mon poison mon remède
Ma passion
Ma mort.

Comment t'aimer sans en mourir?
Comment vivre sans t'aimer ?

Mardi 28 février 2012





Jardinier du bonheur


Je t'aime ma terre tendre
Un frisson en cascade remonte des profondeurs
Ta rose s'épanouit, tu te cabres, gémis, t’effondres
La terre un instant tremble
Maintenant tout est calme
Tu t'apaises
Et t’endors.


Samedi 30 avril 2011






Amour follet

Alors que la nuit revêtait les parures de l’aube naissant
Contre moi je l’ai prise et serrée amoureusement
Je l’ai vu s’épanouir de tendresse puis s’évanouir

Avais-je aussi de bonheur perdu pieds ?
Quand alors j’ouvris les yeux
Elle s’était évaporée, sans bruit, envolée !

Dans ma poitrine flotte encore une brume chaude
Je sais que n’ai point rêvé, je sais !
Dans l’air, suspendu persiste, un parfum d’ailleurs

Une étoile vive danse au firmament !
L’oiseau de feu me brûle la poitrine
Mon amour follet, quand donc me reviendras-tu ?








Feu d'amour !

Quand l'amour m'envahit
Ainsi qu'une boule de feu
Qui prend mon être d'assaut
Faut-il que je demande permission
Pour te dire "je t'aime"?

Qui est le maître de ton cœur
Pour en être le censeur
Et qui est le maître du mien
Sinon moi-même
Pour m'interdire de t'aimer ?

Au risque de connaître le cuisant
de l'épée
Dans ce feu rouge du crépuscule
Qui sera peut-être mon bûcher
Je t'avoue mon feu
Sans craindre de m'y consumer !

Je t'aime
Luciole de mes nuits !



L’amour et la raison


Voilà en ces instants où j’atteins la raison
Une façon mienne de vous dire mon amour

J’avais cru trouver un sens à la folie d’aimer.
Mais je n’étais qu’un fou mené par des démons rieurs

L’âme ardente succombe aisément à la griserie des passions
C’est une drogue puissante qui vous viole et vous perd.

De l’amour je ne veux que la douceur des rêveries
A la source de la tendresse je me penche et m’abreuve

D’un amour léger, raisonné, tranquille me satisfais
Résolu de ne plus succomber aux excès tyranniques.

Je veux aimer doucement sans contraindre ma nature
Et de celle qui m’aime je veux être épris mais sage.

Acceptez mon amour comme une brise au crépuscule,
Contemplons le couchant en ses feux émouvants.

Laissez-moi votre cœur comme une fleur cueillie
Le mien sera votre vase, mieux, votre oasis pour toujours.



  



L’amour et la raison


Voilà en ces instants où j’atteins la raison
Une façon mienne de vous dire mon amour

J’avais cru trouver un sens à la folie d’aimer.
Mais je n’étais qu’un fou mené par des démons rieurs

L’âme ardente succombe aisément à la griserie des passions
C’est un élixir puissant qui vous viole et vous perd.

De l’amour je ne veux que la douceur des rêveries
A la source de la tendresse je me penche et m’abreuve

D’un amour léger, raisonné, tranquille me satisfais
Résolu de ne plus succomber aux excès tyranniques.

Je veux aimer doucement sans contraindre ma nature
Et de celle qui m’aime je veux être épris mais sage.

Acceptez mon amour comme une brise au crépuscule,
Contemplons le couchant en ses feux émouvants.

Laissez-moi votre cœur comme une fleur cueillie
Le mien sera votre vase, mieux, votre oasis pour toujours.





C’est cela s’aimer

Que crains-tu, toi avec qui je me tiens
À l’ombre apaisant de l’olivier ?

À chaque fois que l’aube parait
Je me lève et poursuis mon périple du jour

À chaque fois que descend le crépuscule
Je rebrousse chemin et m’assieds à ton ombre

A nos pieds coule une source qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Voilà que nous respirons ensemble
Le parfum du rosier et de l’oranger

Quand vient l’heure d’étendre la natte
Nous nous allongeons cote à côté

N’as-tu pas la meilleure place
D’où nous voyons naître le même rêve

Modelant ensemble l’horizon
Pour y creuser notre chemin

Arpentant les sentes rocailleuses de nos espérances
Sarclant ensemble les ronces de nos inquiétudes

N’est-ce pas pour partager les agréments d’un même vin
Que nous redressons de concert les sarments de nos ceps

Et mêmes singulières, nos routes sont-elles solitaires ?
Nos pas sans s’entraver ne se conjuguent-ils pas ?

Que crains-tu, à l’approche de l’orage fugitif
Puisque nous attendons ensemble la paix des éléments

A nos pieds coule une source limpide qui s’emplit
Et se vide, se vide et se remplit encore

Nos vies se renouvellent, et s’améliorent
Chaque instant plus riche que le précédent

Alors, que ta crainte ne ferme pas tes mains
Ne garde pas pour toi seule l’eau de la cruche

À serrer trop fort la cruche contre sa poitrine
On finit par la briser et l’eau précieuse se répand

Restons toujours accroupis auprès de la source
Et enlevons-en ensemble les feuilles mortes
C’est cela s’aimer
4 juin 2013





Douloureux amour
Regrettables idylles

L’amour macabre m’accable
De ses instants jetables,
Idylles regrettables
Où tout finit à l’instant
Où l’ancre s’ancre
L’arque du désir
Brisée en de hâtives luxures
laisse toujours le cœur pantois
au bord de la corniche
du grand désarroi.

À quoi bon risquer
un inutile « je t’aime »
qui ne sondera
que l’oreille distraite
Des vents sourds

Du bateau ivre des ébats
ne s’entrevoit déjà plus
Que la voile du drap en lambeaux
qu’il y a peu encore
Enlaçait les corps

combien je m’enlise de ses amours-là
combien ils laissent mon corps à terre, harassé,
et mon âme terrassée.






L’amoureuse éperdue.

Vous me prenez tout
Et me laissez vide et avide de vous
Entre mes doigts de brume et mon âme aux abois
Vous glissez voleur furtif amant insaisissable

Vos yeux m’ont transpercée d’une douceur ineffable
Pas un mot courtisant, juste un souffle au passage
Et me voilà ensorcelée, soumise ligotée au gibet
La passion m’assaille, me lamine, m’émiette

Je vous aime sans raison, victime consentante
Ma tête bourdonne implose, ruche éperdue et folle
J’absorbe le fiel de l’attente, et en espère le miel
L’amour est mon poison et tout autant mon remède

Immense est mon espoir au matin triomphant
Sans borne est ma détresse au soir rougissant
Doux bourreau silencieux, mon tyran innocent
Dites-moi un mot, une syllabe, rien qu’une voyelle

Je vous supplie, un mot juste pour me congédier
Un qui disperse mon rêve en pluie d’illusion
Un tendre et ferme qui me renvoie à moi-même
Un qui de vous me libère et me ramène à raison.





Et tu joues ton corps


Et tu joues ton corps
Et te voilà encore une fois rejetée par la mauvaise marée
Des passions despotiques,

Ton corps meurtri surgit du brouillard gluant de la luxure
Hurle une plainte honteuse et se voile de faux-semblant

L’ombre s’écarte, vide les lieux devant ta silhouette laminée
Enveloppée de sueur fraîche mêlée de parfum passé

Ton souffle lourd de sanglot charge l’air de regret caustique
Une fois encore, le maître de plaisir tient sa proie à sa merci.

Tu reviens de jouer ton rôle de figurante insignifiante
Soumise aux caprices du metteur en scène impitoyable            

Et tu joues ton corps ainsi qu’un dé jeté sur une table de casino
Tu rêves de ciel, tu te donnes éperdue, et te couvres de vert-de-gris

Comment ravir l’âme ténébreuse de l’amant tyrannique ?
Comment avoir grâce à ses yeux, être la favorite, mieux, l’unique ?

Et le piège diabolique des illusions folles se referme encore
Et les fleurs du mal, vulves avides, te gobent encore, folle libellule.







Le visiteur du soir

Un soir, il est venu
Parce qu'il en avait besoin
Je l’ai reçu
Parce que j’en avais besoin…

Pour combler un vide…
Nous avons besoin
L'un de l'autre.
Ainsi sont les êtres…

Une douleur appelle une autre douleur
Une solitude soupire après une présence…
Raccourcir la distance
Soulager un manque

Il est des maux qu'on soigne sans guérir
Mais, apaiser, n’est-ce pas déjà mieux
Que souffrir sans nul remède ?

À défaut d'aimer parfaitement
Tenter au moins d'aimer
Tels que nous sommes
Avec ce que nous sommes
Ici et maintenant
Car seul compte l'instant

À défaut de cette durable chaleur
Qui transforme le plaisir en bonheur…
Accueillir la brise tiède, au lieu du vent froid

Marcher, espérer, contre la bise glaciale
Marcher à contre sens du bon sens
Tant qu'il n'y a pas mieux
Tant que le cœur dit oui
Même contre la raison, oui !

Seul en effet compte l'instant
Car, on ne vit pas demain
Mais dans l’imperfection de l’immédiat.

Il est venu un soir et je l’ai reçu
Nous nous sommes rassasiés
De notre commune famine

Blessure contre blessure
Lui, mon onguent
Et moi, son pansement.

C’est ainsi que nous aimions


Naufragés d’une vie de cabotage
Nous nous aimions, nous nous haïssions

Changeant souvent de cap
Sur l’océan des jours mouvementés

Nous avons connu la violence des orages
Et le bonheur des accalmies

Notre barque a pris l’eau souvent
Se fracassant sur des rochers vicieux

Disloqués par les vagues tumultueuses
Nous avons mille fois rebâti notre radeau

Nous avons vogué des jours heureux
Parfois l’un tout contre l’autre
Sur des océans de clémences
Parfois déchirés en d’absurdes démences

Nos ongles furieux raclaient nos corps rongés d’urticaires
Le soulagement naissait de notre commune douleur
De nos déchirements amoureux sous les cendres de l’aube
S’éveillaient nos pardons, douloureuses renaissances

C’est ainsi que nous nous aimions encore
Écorchés, nos plaies livrées au sel marin
Laminés par nos luttes impétueuses

Quelques fois la discorde nous a rejetés
Sur les rives de nos antipodes
Et la solitude et le manque et le vide, et la soif

Et l’asphyxie de nos insupportables absences
Nous jetaient dans cette reconquête folle de l’autre
Aux défis des périls à contre-courant de toute raison

L’orgueil posé au pied et perclus d’humilité
Nous nous hissions sur le frêle esquif
De notre amour imparfait. Réconciliés.

C’est ainsi que nous nous haïssions amoureusement
De naufrages en retrouvailles, un jour après l’autre
C’est ainsi qu’absurdement nous nous aimions.
Et c’est ainsi que nous nous aimons toujours !



Lambeaux amoureux

J’ai exposé ma plaie
Espérant une guérison
Les mouchent y ont pullulé
Et jamais n’est venue la cicatrice

Mon cœur est une chair en lambeau
Tous ceux qui l’ont touché, l’ont déchiré
Puisqu’à cœur perdu je quémandais tendresse
Ils ont souillé mon corps, encore et encore

Ma vie est un champ ravagé, un vaste marécage
Mon sexe un cloaque ou la vermine se soulage
Les hommes que je connais ne sont pas des hommes
Ce sont des charognards guettant des proies chétives

Pourtant vous les verrez ces amants en société
Comme ils paraissent affables et bons princes
J’ai bu tant de fois avec eux les verres de l’opprobre
Ceux qu’on accepte mal gré pour ne pas rentrer seule

J’ai craint tant de fois l’approche de minuit
L’instant ou les spectres hantent le sommeil
Tant de fois j’ai ouvert mon bras au dégoût à l’effroi
Juste pour ne plus goûter à la brûlure d’un lit froid

Ils ont souillé mon corps, encore et encore
Puisqu’à cœur perdu je quémandais tendresse
Tous ceux qui m’ont touché, m’ont déchiré
Mon cœur est une chair en lambeau

J’attends une main qui me soigne et m’apaise
J’ai tant à donner à une âme affectueuse qui veut se poser
Mon corps est las et mon cœur n’est plus qu’un feu mourant
N’est-il pas nulle part un homme qui puisse un peu m’aimer ?






L’Amour, redoutable guerrier

Qui sont ceux là qui n’ont jamais connu l’ardent feu
Qui ronge l’âme, brise le cœur, déchire les entrailles
Et qui prétendent posséder les mots pour éteindre le brasier

L’ennemi qu’il faut combattre est un fauve protéiforme
Qui bondit comme un raz de marée du dedans de l’âme
Ruse, esquive, annihile tous les assauts de la raison

Froisse l’esprit comme l’harmattan ravage une caravane
Disperse l’audace pareille à des dunes sous la tempête
Réduit le frêle espoir en poussière comme une termitière

La pyramide orgueilleuse abritant l’ego en ses enceintes
Cède pierre après pierre au souffle de ce monstre volatil
Gardez-vous esprits hâtifs de publier le fielleux anathème

Ne blâmez point les excès de celui que l’amour a saisi
Car ce guerrier redoutable n’a point de concurrent
Il est cet ouragan qui brise tout dans ses crocs écœurants

Quand l’amour m’a agrippé au collet et m’a soulevé de terre
N’étais-je pas qu’un duvet pris dans l’horrible tourbillon
Ma respiration n’était qu’un long et affreux étouffement

Dans un monde de fragments je cherchais mes débris
J’étais le sorcier fou brouillant les scories de sa magie
J’étais le bourreau, j’étais la victime perdue, éperdue

J’étais seul livré à mon supplice, meurtrière de mon élu
J’ai tué comme on enfante, éventré comme on évente
Ma raison livrée au néant et mon être à l’amour maudit.






chut ! paix à ta bouche !

et tu dis, et tu dis
et tu dis tant, et
tu dis trop
et tu livres en pâture
et tu fais témoignage
de ce que tu ne sais même pas
incontinent, irrépressible
de ta bouche qui parle, déparle
du feu qu'attise ton souffle
du chaos soudain
des rêves d’autrui réduits à néant
et des bonheurs noyés

ne te tairas-tu jamais
juste par indulgence
pour les passions innocentes
car l'amour est toujours innocent !

N’aspergeras-tu jamais tes mots
d'un peu de bienveillance ?
Garde close ta bouche, enfin !
Fais taire le vrombissement incessant
de tes nuées de frelons caustiques !

Laisse donc voguer les cygnes sur le lac
de leurs cous gracieux
ils dessinent les contours parfaits
de ce que les âmes ont de plus pur
l'amour sans faux-semblant !

Essaie, pour une fois, oui !
Laisse donc vivre les vivants
paix à ta bouche
livre tes mots au néant silencieux
oui, laisse luire les étoiles dans la nuit.







SAVAIENT-ILS VRAIMENT CE QU'EST S'AIMER

Ô, ils disaient s’aimer
Ils croyaient follement s’aimer…
Mais s’aimaient-ils vraiment
S’aimaient-ils assez ?

Savaient-ils seulement
Ce que c’est qu’aimer
Passée l’heure des passions vives
Apaisée le temps des grands émois ?

Lorsque se regardant en leurs apparences
Soupesant leurs irréductibles différences
Lorsqu’il fallut affronter les foules
De ceux qui n’aiment que ce qui est « même »

L’ardeur du feu qui les mangeait
Peu à peu s’est tiédie, puis refroidie…
S’aimaient-ils vraiment
Ou le croyaient-ils seulement ?

Quand sont venues les excuses
Nourries des ancestrales peurs
Évoquant l’irrévocable loi du clan
Intraitable avec les enfants prodigues

Quand chacun raidissait sur sa rive
N’osant plus enjamber l’eau trouble des tabous,
S’aimaient-ils tant, savaient-ils seulement
Ce que c’est qu’aimer vraiment ?







LA CONCORDE DES AMANTS


Amants veillez à ce que ne s’effiloche point l’étoffe de votre amour
Il vaut mieux n’avoir jamais aimé que de devoir vous haïr un jour.

Ne suffit-il pas d’un accroc négligé pour que le fil du lien se défasse ?
Et si buté on multiplie les affronts, l’amour n’ira-t-il pas à vau-l’eau ?

Il faut tant de peines et d’efforts pour apprendre à s’aimer
Pourtant un instant, un seul suffit pour tout saccager.

Soyez vigilants aux petites choses, aux mots, aux gestes insidieux
Jardiniers de l’amour, demeurez attentifs à chaque pousse tendre.

Embrassez la moindre plaie, réparez sans tarder le moindre tort
Pour la concorde des amants, il n’est point de trop grand effort.

L’arbre de l’amour est fragile et le bonheur d’aimer si précieux,
Qu’il est judicieux de réparer dans l’instant la moindre peine du cœur.

Il vaut mieux n’avoir jamais aimé que de devoir vous haïr un jour
Amants veillez à ce que ne s’effiloche point l’étoffe de votre amour.



LES PAS DANS LES SABLES BRUNS

Longeant la plage déserte au matin levant
Je laisse mes pas éphémères dans le sable brun

Je marche et j’écoute en moi ce roulis incessant
Je retisse attentif le fil évanescent de mes songes

Au bout de la plage une crèche encastrée se cache
Dans le flanc de la falaise de roches déchiquetées

C’est là dans ce sanctuaire où se terrent les crabes
Que, respirant l’iode, j’achève mes pieuses méditations

Les vagues insatiables grignotent les roches dures
S’enroulent et se déroulent infatigables et chantent

Et ressassent, sempiternelles des paraboles mystérieuses
Ramènent du large ces soupirs océaniens, et m’apaisent.

Le jour vient doucement grignotant l’ombre
L’air frais s’adoucit, le soleil perce l’horizon

À cet instant plus chaud, vient toujours à la même heure
Une femme, marchant sur mes pas dans le sable brun.
27 septembre 2011





TENDRE VIOLON

Comment saurai-je pourquoi au milieu de la brume du soir
J’ai senti glisser sur mes épaules votre regard doux

Tantôt retenu, tantôt insistant, toujours constant
J’ai cru un instant percevoir de vous un possible élan

Sans jamais me retourner je vous savais présent
Scrutant sans doute l’augure avant de vous décider

Il me sembla vain, cependant d’accueillir ce nouvel espoir
Tant au fond de moi je vous sentais par trop hésitant

Alors mes pieds dans l’eau, absorbant en moi les ondes
Je tournai mon âme vers mon dessein premier, partir

J’avais ce désir insensé de départ sans retour
Vers je ne sais quel port plus serein qu’ici-bas

J’étais lasse d’une existence fade ou l’amour me fuyait
Où les amants autour n’exhibaient que l’orgueil de me posséder

À la place de m’aimer vraiment en mon être affamé
Ils m’épuisaient de leurs lourds et insipides envies

Je n’étais qu’une marguerite à cueillir et à effeuiller
Sans même le souffle ardent d’un poème pour embellir le geste

Vivre d’ailleurs sans la souffrance de respirer cet air lourd
Vivre comme la pierre immobile et muette au milieu des courants

Appartenir au mystère obscur des éléments insensibles
Être ici et là, là et ici, telle une vapeur qui s’évade au soleil couchant

Et puis ce chant s’éleva, chuchoté d’abord puis plus clair et vibrant
Une voix cristalline, un vent frôlant les cordes d’un tendre violon


Peut-être n’était-ce pas si pur, mais c’est ce que percevait mon âme
Car mes ouïes sourdes s’étaient déjà fermées aux bruits du monde

Un chant masculin, celui d’un devin qui lisait dans les plis de mon cœur
Les lignes troubles de mon destin d’hirondelle aux ailes rompues

Un chant et des mots apaisant mes maux, un chant écho à ma souffrance
Seul un être sensible et vrai pouvait ainsi faire vibrer mes cordes intérieures.

Ce chant était pour moi, rendant ses harmoniques au silence hermétique
J’ai écouté, et laissé entrer en moi ces accents si profonds et graves !
LA FEMME SOUS LA PLUIE TROPICALE.

Je vous ai vu un jour sous cette pluie tiède
Marcher le long du fleuve qui sortait de son lit
Les eaux léchaient les bords, mouillaient vos pieds
Et semblaient s’accrocher à vos chevilles menues
Le soleil luisait Transperçant les nuages
Embellissait l’alentour de ses lueurs joyeuses
Vous étiez prise dans un faisceau oblique
L’ombre tout autour et vous, illuminée
Le vent froissait votre robe et vos cheveux rebelles
Déposait sur votre front des feuilles perdues.
Vous étiez émouvante entre l’ombre et la lumière
Votre robe de soi rouge épousait votre corps
Les dernières gouttes de pluie cristaux éparpillés
Glissaient des feuilles lisses et vous mouillaient encore
Portée par la brise moite vous alliez mollement
Curieuse silhouette au milieu des éléments…
Craignant que pressée vous ne vous envoliez
Papillon éphémère derrière les bougainvilliers
J’ai descendu les marches qui menaient à la berge
Pour vous voir de plus près, découvrir vos traits
Vous avez retenu vos pas et moi mon souffle
Vous m’avez regardé comme si vous m’attendiez
Vous avez arrangé vos cheveux en désordre
Et j’ai vu vos yeux noisette et vos rides légères
Il faut parfois la pluie, le vent et le soleil
Pour peindre l’instant où votre vie bascule.
Nous marchons souvent encore aujourd’hui,
Longeant ce même fleuve
Puisque depuis je vous dis « tu »,
Vieillissant près de vous.





Divina


De ta coupe
Suintant au bord,
Ma bouche
Soumise !

Une voie lactée
Tombant du ciel
Poussière de nirvana
J’atteins l’ivresse

Est-il plus doux élixir
Est-il eau plus pure
Pour combler ma soif ?

Je creuse un corridor
Sous la voûte ocre du ciel
Sous tes yeux mordants, l’air d’acier cuisant
Attise mon désir d’essentiel

J’expire, mon errance est longue et rude sur l’eau céans
je dérive, me perds, il faut un timonier à mon gouvernail !

Est-il plus certaine boussole à la vie d'un homme
Qu'une femme dont la matrice est la nef même

Dont le front est le phare
Dont les yeux sont
Deux lunes douces habitées de tendresse

Dont les bras sont les rames qui palpent l'intimité des vagues
Et esquivent les récifs embusqués

Dont le cœur est l'oasis de bonne espérance
Dont le corps est l'Éden sacré
L'île merveilleuse où je veux jeter l'ancre
Et attendre le crépuscule ?

Femme coupe dans laquelle
Les dieux ont versé
La royale gelée
Je viens à la laitance
de tes reins
étancher ma soif
Et déposer l'offrande
De ma vie.


Dans ta caldeira

Dans ta caldeira exhalant le musc étourdissant
M’enflamment ces transports qui abolissent la raison
Avide et empressé, Je bois de cet éther analeptique
Et sombre dans ce vertige des sens sans aviron ni boussole

Archange soûl dévoué à ton autel infernal
Prisonnier de tes effluves, ô divine prêtresse,
Haletant, je ne trouve un peu d’apaisement
Qu’abreuvé de ta laitance primordiale.

Je suis esclave d'une soif inextinguible
Je m’abîme sans retour en un délire tourbillonnaire
Et nul autre précieux vin ne m’apporte d’ivresse
Que la débâcle de ton ardent alambic.

Aux heures creuses des jours mourant
Scrutant l’océan et jaugeant ses périls
Je pense à partir vers ces mondes inconnus
Le cœur plein de toi pour seul viatique

Je laisserais mon peuple, ma terre aimée
Les odeurs de mon village, mes racines
J’emporterais les poèmes du psalmiste
Le chant des aînés au jour de grandes fêtes

D’autres ont pris la mer et se sont perdus
Mais plutôt que de sempiternels regrets
Je veux oser avec toi ce grand voyage
Au bout de nulle part, aux confins de l’amour !








Désir

Depuis ce premier regard ému
Épris de passion éperdue
Saoul de toi, jour et nuit tu me hantes
Impatient et misérable, j’espère ton retour.
Reviens Néfertiti de mes songes,
Oiseau de feu de mon paradis
Revient déesse de mon île
Lune de mes nuits solitaires
Revient avant que t’attendre
Ne me rende fou !
Me voilà par ton spectre poursuivi
Errant dérivant au fil de l’instant
Mes sens aigris et de toi assoiffés
Ouragan d’épines infiniment me blessent
C’est toi mon repos si ton cœur y consent
Où mon supplice si ta raison t’en défend
C’est toi l’onguent sur la plaie de mon âme
Où la griffure caustique si ta raison t’éloigne

                                                               16 septembre 2010









OÙ IRAI-JE SANS TOI

Si je devais partir, moi,
Plutôt que toi
Je remettrais sans cesse
Mon départ à demain

Redoutant le vide
Que serait mon voyage
Sans toi à l’avant de ma barque

Je sais que mon navire échoué
N’irait pas plus loin que le port
Car le vent de ton souffle chaud
Me ramène sans cesse
Vers les lieux où dorment
Nos souvenirs

Où veux-tu que j’aille
Je suis ton colibri argenté
Agrippé à tes lèvres fleur d’ibiscus
Je suis en suspension dans l’air
N’avançant ni ne reculant

Je n’ai plus d’ailes sinon toi
Plus d’élans sinon toi
Plus de rêves sinon toi
Sans toi, tous mes projets s’effritent
Tels des cristaux pulvérisés

Je ne saurais aller nulle part
Car celui qui voyage
À besoin d’horizon
Or tu es mon voyage,
Mon horizon
Et ma destination !
Ou donc irais-je sans toi
toi mon toit
demeure ou
mon cœur gîte ?





Au creuset de l’amour
(Composition amoureuse !)


Sur la table en bois d’une véranda ombragée
Un amant attentif a disposé un bouquet de roses
Dans un vase en fine porcelaine de Limoges

Ce bouquet remarquable disait à n’en point douter
Par la savante métaphore de sa composition
Les intentions calculées de cet amant délicat.

Il n’y avait point une disposition vague et chaotique
De dix ou vingt roses pêle-mêle d’un ton monotone
Mais bien un tableau composé de la main d’un peintre

Sept roses d’un fuchsia tendre traçaient une bordure
Sept, le chiffre parfait, gage d’une tendresse protectrice
Car l’amour est un défi pour sept jours et pour toujours

Trois roses blanches, promesse pure de l’amant fidèle
Prêt à vivre le meilleur et le pire sans jamais défaillir
C’est l’amour qui se livre corps et âme à l’aventure

Une rose Rouge, cœur de l’âtre où la passion explose
Forge rougeoyant où le feu irradie l’être en son entier
Volcan perpétuel où l’amour sans cesse se renouvelle.

1 mai 2011





LES MÉANDRES DE L’AMOUR


L’amour vient à pas de loup comme la brise
Ou en bourrasques comme le typhon rugissant

Comme le ruisseau qui suinte d’entre les pierres
Où comme le fleuve impétueux qui dévale les cascades

Comme le lion qui grogne et émeut la savane
Ou comme l’ortolan qui roucoule et apporte la rêverie

L’amour survient de milles inattendues façons
Dans la brise ou dans la bourrasque

L’intrépide guerrier brusquement pose ses armes
Et se jette à genoux aux pieds de la femme accroupie

Et la veuve éplorée serrant contre elle son époux mort
Découvre l’émoi dans les yeux de son bourreau repentant

C’est ainsi, dans la fulgurance absurde de l’instant
Que des guerres cessent et que la paix fleurit

Là ou brisant la haine la compassion se mêle au pardon
Là où la passion soudaine de l’autre brise les barrières

Nul ne sait d’où vient l’amour espiègle et déraisonnable
Ne suivant que sa loi incernable pour unir les cœurs.

mai 2010





Voilà que vous étiez-là !

Dans la pénombre ouatée j’étais en escale
Exilé en un lieu où l’émotion se cache du jour !
Étais-je sur un pont pardessus un précipice ?
Traversais-je un guet au fond d’une gorge ?
Je ne sais, mais j’allais, j’allais éperdu
J’allais arpentant l’inconnu, les pieds nus
La poussière légère du chemin dansait
Et l’herbe fraîche accueillait mes pas

Avais-je simplement fermé les yeux
Et dansais-je sur une chaise à bascule
Me croyais-je par la belle magie du rêve
Dans le roulis doux d’un océan valsant
Je ne sais, mais j’allais, j’allais dérivant
J’allais prendre la main douce d’une inconnue
J’arpentais les venelles d’un amour immaculé
Au rythme du vent, à la sincérité des âmes !

Sur le pont de l’errance mu par l’audace d’aimer
Mes pas poursuivaient éperdu la trace d’un pas perdu
Mon souffle poussait dans le vide des bateaux en papiers
Mes baisers papillons cherchaient la bouche de l’élue.
Ou allais-je cueillir la marguerite, je ne sais, je ne sais
Mais tandis qu’accoudé je regardais l’eau danser
Une silhouette tendre m’apparut dans l’eau bleue
Nos deux reflets valsaient dans les ondes chaloupées !

Aveugle aux apparences, je n’ai vu nul visage
Mais je sentais battre un cœur, puis deux
Le mien surpris, puis celui d’une autre émue
Allais-je sur une nué au firmament in sondé
Où explorais-je déjà les abysses d’un Éden retrouvé ?
Je ne sais, je ne sais, mais je sens et consent
Que l’amour se moque de ce qui paraît en dehors
Et se nourrit du vrai, de l’impérissable espérance !

Voilà que vous étiez là
Dans les eaux bleues
Et ce n’était pas un rêve !








PROMESSE D’AMOUR


A ses yeux il était beau
Aux siens elle était belle
Ils se sont promis l’amour
Pour le restant de leurs vies

Quoique pense le monde il s’en moque
Quoique dise le monde elle s’en moque
Ils n’ont qu’une philosophie
Vivre l’ici et maintenant.

Pendant que des époux se déchirent
Que des amants se délaissent
Que des frères se détestent
Ils s’aiment fort sans perdre du temps
Dans l’ici et maintenant.

Il y a des blancs qui font les cons
Des noirs qui font les imbéciles
Des jaunes qui font la bêtise
De se haïr mutuellement.

Les macaques sont bien plus malins
Ils ne s’embarrassent point d’idéologie
Avec ce qu’il faut de savoir vivre
Ils se font l’amour le jour durant.

À ses yeux il était beau
Aux siens yeux elle était belle
Pour le restant de leurs vies
Ils se sont promis l’amour

Ils se sont promis l’amour
Quand ils n’avaient pour seul bagage
Qu’un lot de détresse
Et c’est là le grand paradoxe
Et la grâce des pauvres,
Contre vent et marées,
Ils ont tenu leur promesse.

À ses yeux il était beau
A ces yeux elle était belle
Pour le restant de leurs vies
Ils se sont aimés toujours.




Lettre au pied de la PYRAMIDE

Au crépuscule
vient ma solitude
Je redoute l’instant où
Du haut de ma pyramide
Établie dans les convenances
Ne reviennent ces sentiments
Brûlants et despotiques et que
Le grand chaos ne m’empoigne
Il suffit d’un mot, juste un seul
Et une vie rangée en apparence
Bascule dans le feu de la passion
Il suffit d’une silhouette qui passe
Un mouvement électrique dans l’air
Pour que les sens ébranlés s’affolent
Il suffit d’un regard et la terre se dérobe
L’horizon se trouble et la raison défaille
Les chemins tracés deviennent des entraves
Il suffirait d’un sourire pour que le fauve avide
Au fond de moi emmuré se réveille et se rebelle
Un mot, juste un seul pour gommer toutes les lois

Ô Inconnu vous habité de cette essence qui rend fou
De grâce taisez-vous et ne dites point de ces mots brûlants
De crainte que jetée dans la tourmente le feu en moi ne s’embrase.

11 septembre 2010



                            





Ce « oui » sans retour

Oui je t’aime,
Mais celle qui m’aura pour serviteur
Étalera aussi sa passion sur la natte sacrificielle
Je ne me donnerai point,
Ainsi qu’une vulgaire marguerite
Cueillie le long d’une route passante
Je me livrerai ainsi qu’un trophée arraché
Au bout d’une lutte longue et à l’issu incertaine
Oui je t’aime et je te veux à mes trousses
Ainsi le vent du désert chasse et poursuit le sable chaud
Oui, je t’aime et je me veux pourchassé
Fleur éphémère qui n’éclot qu’une fois par cent ans

Oui je t’aime et te veux aussi éperdue que moi
Bravant les cataractes à la remontée audacieuse
Jusqu’à la source du bonheur
Je t’aime mais tu ne m’auras que crucifié avec moi
Dans le brasier d’un « oui » sans retour
Corps et âmes fondus dans la forge impitoyable
Qui fait du minerai impur de nos passions
Un diadème parfait, unique
Un amour absolu.





Passion vive

Je t’aime, oui ; assurément, je t’aime
Mais je ne me tiendrai pas amant prostré
Au fond d’une sombre cave
Transi par l’humidité malsaine de mes larmes
Je ne me tiendrai pas interdit
Les bras enlaçant mon corps froid
Mon cœur remonté obstruant ma bouche
Refoulant mes « je vous aime »
Au fond de mes tripes…
Les lampadaires ne nargueront
Pas mes solitudes nocturnes à arpenter
Les allées désertes de la ville indifférente.
J’ai confié à tant de fleuves mes lettres d’amour
J’ai livré mon âme au ciel
Sur les ailes des pigeons voyageurs
J’ai semé à la volée mon amour
Dans des champs aux mille roses
J’ai arraché aux ronces mes prières volées
Et me suis prosterné à toutes les chapelles sur mon chemin
Il n’est pas un ange qui n’ait partagé mon secret
Pas un démon qui n’aie essuyé ma rage à défendre mon rêve
Le diable lui-même est impuissant à m’arracher du cœur
L’offrande que je te destine
Seul Dieu peut me contraindre à déposer les armes
A marquer une trêve dans ma croisade amoureuse.
Mercredi 15 septembre 2010












Le miracle d’aimer


Me voilà claustré dans ma caverne sombre
Les jours passent roulent la pierre des pensées lasses

Dans l’âme, fil à fil, le nœud s’enlace et se fait coulant
Dans l’estomac se love la mélancolie insidieuse

Mon humeur lunatique se lève en bourrasque
Puis retombe harassée en sanglot dépressif.

Sur mon bois sec soudain sous la caresse d’une main
Un bourgeon timide brise l’écorce rude

Mon amie tu es là toujours quand il le faut
Généreuse de tendresse et avare de mot

Tes doigts dans mes cheveux ton souffle sur ma nuque
Tu demeures silencieuse insouciante du temps

Ton amour patient m’enveloppe et attend
Que mes nuages passent et que mon ciel s’éclaire.

Ma torpeur s’estompe miracle de l’instant
Mon cœur reverdit et mes forces se rassemblent

Il est un grand bonheur de goûter la saveur
D’une joie qui revient et qu’on croyait perdue.

Le bonheur de vivre tient en bien peu de chose :
Rencontrer l’âme sœur qui sait comment aimer.

Mercredi 15 septembre 2010









Ma Rose Hélène

Il neige
Un peu de spleen
À ma fenêtre

Tout dehors est vêtu
D’une laine blanche

Au milieu de ce désert enneigé
Une tache rouge me réjouit :

Une rose écarlate nappée de flocon
Pointe la tête

Il fait sûrement un froid sec
Mais tout n’est pas sombre aujourd’hui

Le soleil est tout près de percer
À travers les nuages chassés par le vent.

J’irai me réchauffer sur le banc
En attendant que vienne
Ma Rose Hélène.


16 septembre 2010








Un amour entier, juste et pur.

Qui aime vraiment ne calcule pas les risques
Il ne se fait pas épicier des sentiments
Ne passe point son amour par perte et profit
S’il est vrai qu’il aime,
Il n’est plus alors le même être
Ni la peur ni la raison
N’auront raison de sa détermination
Il est prêt à sauter dans le vide des lendemains incertains
N’espérant pour unique salut que les bras de l’être qu’il aime.
L’être qui aime est pareil
Au chasseur de pierre précieuse !
S’il croit avoir trouvé le cristal de sa vie
Il se défait de tout ce qu’il possède
Et à ses risques et périls
S’offre, peu importe le prix, l’objet de sa passion.
Quel médiocre aventurier que le chercheur d’or
Qui, sans prendre aucun risque, va puiser son butin
Dans un coffret de bijoux de famille ?
L’amour prend tous les risques
Car aucun sentiment n’est plus parfait !

Les êtres qui s’aiment se donnent
Pour le meilleur et acceptent le pire.
C’est justement ce qui fait l’amour :
Se donner entier corps et âme à l’être aimé.
Qui ne se donne qu’à moitié n’aime pas vraiment.
Lors, la seule justice que réclame l’amour
C’est la réciprocité et le partage.
Quand un être est prêt à se donner,
On ne se joue pas de lui
Car il donne tout de lui ; il mise sa vie, son espérance
Dans ce feu ardent d’où il se consumera
Car il se fait lui-même le bois du sacrifice.
Toute relation saine et durable entre deux êtres
Se forge par le sacrifice fidèle de soi consenti
Et se fonde sur le respect comme valeur absolue.
Ainsi, quand vous souhaitez qu’un être se donne tout à vous
Offrez-vous tout à lui, sans tricher, avec fidélité aussi ;
Ce sera le parfait témoignage d’un amour juste et pur.
Ainsi disait le fidèle ange gardien !

16 septembre 2010





Jalousie.

Insidieuse et tenace la jalousie vous donne
Sur la bouche son baiser cramoisi.

Les transports violents d’une passion aveugle
Vous enlacent, vous ligotent et vous mènent parfois
En des entreprises absurdes et périlleuses.

On dit souvent : qui ne jalouse n’aime point !
Mais de jalousie, point trop n’en faut,
Croyez-le sur parole

Car la tourterelle amoureuse libre de ses envols
À son tourtereau délicat roucoulera bien mieux
Les doux accents de son amour.







Liberté d’aimer


L’inquiétude, amant jaloux, s’est invitée au bal des amoureux
Et les amants joyeux ont fui aux quatre vents loin de l’aimée
Ils se tiennent sur d’autres rives craignant les coups et l’esclandre
S’attachent à d’autres muses et s’amusent sereins

Parfois d’un regard triste ils se tournent vers l’esseulée aimée
Voient qu’elle se morfond, prisonnière de son bourreau
Haussent les épaules et baissent le front d’un salut contrit
N’osent plus rien pour l’approcher, respectant son cœur et son sort

Nul n’est en effet prisonnier d’un cœur que tant qu’il le souffre
Et pourvu d’être le centre tourbillonnaire des cyclones amoureux
Il est des amantes, même mal aimées qui préfèrent être uniques et captives,
Sans être tenues de défendre la joie d’être aimée et d’aimer librement.
jeudi 24 novembre 2011








Douloureux amour

Les coups claquèrent,
Tonnerre avertissant d’un chaos
Sa silhouette molle s’effondra, anéantie
Son pouls en son corps répondait à l’orage
Et les blessures de l’éclair pourfendaient son regard

Alors que la nuit délaissait sa robe noire
Et revêtait les parures de l’aube naissant
Je l’ai prise dans mes bras et serrée amoureusement
Je l’ai senti fondre de tendresse puis s’évanouir
Terrassé par ma propre douleur
Je sombrais aussi inconscient
Pour combien de temps, je ne sais !

Quand alors j’ouvris les yeux
Elle s’était évaporée, sans bruit, envolée !
Dans ma poitrine flottait une brume chaude
Dans l’air, suspendu, un parfum d’ailleurs.
Je n’avais point rêvé, je sais !
Une étoile vive dansait au firmament !
Mon amour follet, me reviendras-tu Jamais ?

                                                               Mercredi 15 septembre 2010









Les déçues de l’amour

J’ai rêvé un temps à ces fables rosées
Que le grand nombre trouve émouvant
Et que je trouve maintenant comique

La princesse prisonnière en quelque donjon
Qu’un amant jaloux retient à genoux
Prêt à la supplicier si elle rompait ses chaînes

Le monstre posté à sa geôle montant la garde
Et le prince suicidaire perclus d’un amour naïf
Prêt à mourir pour sauver la reine de son cœur

Je suis ému par l’inconnue venue de nulle part
Cette voyageuse aux yeux pleins de nostalgie
Qui cherche la route qui mène à son hôtel

Celle qui charrie avec elle tant de drames inconnus
Et qui mériterait de poser sa tête sur une épaule
Elle qui ne pleure plus mais souffre en dedans

Celle qui par pudeur ne parle jamais d’amour
Mais qui guette entre les affres et la méfiance
Les attentions sincères de celui qui ne lui prend rien

Rien qu’elle ne donne pour monnayer sa quiétude
Rien qu’elle ne donne d’elle-même sans perdre sa dignité
Rien qu’elle ne donne pour trouver enfin l’époux de son repos.









 Amour et deuil 

C’est un vice tendre que d’écrire des poèmes
Sur les tombes salies par la boue du cimetière.

Je peux debout, assis, accroupi ou à genoux
Cueillir la tristesse de toutes les larmes versées.

Sur chaque tombe sont venus je suis certain
Des amoureux incognito dans l’ombre des cyprès,

Avec leurs poids de mots pour dire les frissons
Que leurs cœurs connaissent encore, leurs folies ;

L’entêtement de leurs luttes contre tout oubli
Se souvenir à tout prix de celui qui n’est plus,

Pour faire vivre encore bien après le trépas
Leurs amours inconnues qui ne s’oublient pas ;

Celles qui ont été partagées et celles qui furent tues
Celles qui aident à vivre et celles qui vous brisent.

Avez-vous remarqué les corbeaux qui veillent
Perchés sur les crucifix ces butins invisibles ?

Ils ne sont point lugubres mais beaux
Dans leurs duvets noirs aux reflets argentés.

Ce sont des veuves qui gardent jalouses
Le repos de ceux qu’elles n’ont cessé d’aimer.

dimanche 30 octobre 2011







 L’amour en miette

Absolue admiration amour bleu bourgeon charmant
Espoir lourd rêve léger oiseau au ciel prometteur de tout
Chemin périple douloureux en eaux trouble fleur du mal
Harmattan brumeux vent poussiéreux et âpre
Surgi du hasard
L’inconnu meurtrier
La lame à la main
L’amour dans
Les plis de l’âme
Miracle salutaire
Partir mélancolique passion pastel plurielle
Prince de raison rencontre entre ronces roses
Rêve sacrifice défi héroïque audace d’aimer périlleux
Trophée écorce rugueuse blessure mauve d’un amour brisé.
Persévérance miette de lueur à cueillir pugnace sur l’horizon
Reste toujours l’espérance sommeillant sous l’écorce craquelant.

Samedi 3 décembre 2011








Un cœur ne sait qu’aimer !


Dans le commerce des cœurs,
Rien ne garantit la permanence
L’espoir est une semence, une promesse
Je l’enserre dans mes bras ainsi le gouvernail d’un radeau
C’est mon seul viatique pour affronter les abysses du destin.

Ha ! L’amour, ce grand trophée que pourchasse tant de chasseur !
L’amour, creuset du bonheur, l’amour ce nectar rare,
Cet élixir que nul empereur ne peut de force conquérir,
Tantôt je crois le tenir, tantôt je m’en sens dépouillé !

Mon cœur se tient quelque part entre le marteau et l’enclume.
Quel malheur qu’une plaie ouverte sans liniment !
O je voudrais crucifier le tourment de cette passion jalouse
Fixer des clous de titane aux quatre points cardinaux
Consolider le frêle édifice de mon bonheur incertain.

Mais rien n’est plus assuré que l’effritement prochain
Et la sagesse c’est d’accepter que les sentiments du cœur
Fondent sous les vents tout comme les dunes du désert
Rien ne tient devant l’impassible rouleau du temps
Tout implose dans un big-bang récursif et se disperse

L’éternité est le bourreau de la vanité et de l’histoire
Les traditions prétentieuses ne sont qu’illusion
Tout ou tard, le règne de la poussière
Sonne le tocsin de la grande dispersion.

Seule l’impermanence est permanente
Et quant à l'amour, c'est un bouillonnant
Et émouvant chaos :
On aime parce qu'un cœur, dût-il s'anéantir
Ne sait rien faire de mieux qu'aimer.